‹ Œuvres complètes de P. de Ronsard (volume 2)Chapitre 54 sur 227 · CXLVII · texte numérisé non relu

CXLVII

Ç^ ue toute chose en ce monde se mue :

^^^Soit désormais Amour saoulé de pleurs , Des chesnes durs puissent naistre les fleurs , Au choc des vents l'eau ne soit plus émue ;

Du cœur des rocs le ciel dégoutte et sue ; Soient du printemps semblables les couleurs , L'esté soit froid, Vhyver plein de chaleurs; Pleine de vents ne s'enfle plus la nue ;

Tout soit changé, puis que le nœud si fort Qui m'estraignoit , et que la seule mort Devoit trancher, ma dame veut desfaire.

Pourquoy d'Amour mesprises-tu la loy ?

Pourquoy fais-tu ce ()ui ne se peut faire?

Pourquoy romps-tu si faussement ta foy ?

une à l'œil brun , déesse aux noirs chevaux, Qui çà, qui là, qui haut, qui bas te tournent,

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