CXLV
Si tu ne veux les astres dépiter En ton malheur, ne mets point en arrière L'humble souspir de mon humble prière :
La prière est nlle de Jupiter.
Quiconque veut la pnere éviter Jamais n'achevé une jeunesse entière.
Et void tousjours de son audace fiere Jusqu'aux enfers l'orgueil précipiter.
Pour ce , orgueilleuse , eschappe cest orage , Mollis un peu le roc de ton courage, Aux longs souspirs de ma triste langueur.
Tousjours le ciel , toujours l'eau n'est venteuse , Tousjours ne doit ta beauté dépiteuse Contre ma playe endurcir sa rigueur.
I. Ce sonnet est presaue pris d'une oraison de Phœnix (Homère, neufiesme de riiiade). (M.)
Premier Livre. 85
Entre mes bras que maintenant n'arrive Celle qui tient ma playe en sa verdeur, Et ma pensée en gelante tiédeur Sur le tapis de ceste herbeuse rive !
Et que n'est-elle une nymphe native De quelque bois ! Par Pombreuse froideur Nouveau Sylvain, i'alenterois l'ardeur Du feu qui m'ara a'une flamme trop vive.
Et pourquoy, Cieux , Tarrest de vos destins Ne ma fait naistre un de ces paladins Qui seuls portoient en crope les pucelles,
£lt oui, tastant, baisant et devisant, Loin ae l'envie et loin du mesdisant, Par les forests vivoient avecques elles ?