‹ Œuvres complètes de P. de Ronsard (volume 2)Chapitre 65 sur 227 · CLXXX · texte numérisé non relu

CLXXX

Je m'asseuroy qu'au chançement des cieux, Cestan nouveau romproit ma destinée, Et que sa trace en serpent retournée Adouciroit mon travail soucieux;

Mais, puis qu'il tourne en un rond pluvieux Ses fronts lavés d'une humide journée .

Cela me dit qu'au cours de cette année J'escouleray ma vie par les yeux.

Las ! toy qui es de moy la quinte-essence, De oui l'humeur sur la mienne a puissance , Ou de tes yeux serène mes douleurs,

Ou bien les miens alambique en fontaine , Pour estoufer mon amour et ma peine Dans le ruisseau qui natstra de mes pleurs.

Seconde Aglaure , avienne que l'envie Rouille ton cœur traitrement indiscret, D'avoir osé publier le secret Qui bienheuroit le plaisir de ma vie.

Fière à ton col Tisiphone se lie ,

?m d'un remors, d'un soin et d'un regret, Fd'un fouet, d'un serpent et d'un trait, Sans se lasser punisse ta folie.

Pour me venger, ce vers injurieux («) Suive l'horreur du despit furieux [)ont Archiloch aiguisa son ïambe ;

Et mon courroux t'ourdisse le licol Du fil meurtrier que le méchant Lycambe Pour se sauver estrdgnit i son col.

Page 1