Les Ménades et les Thyades, prêtresses de Baahns
Premier Livre. 105
Toujours au son des cornets entonnez Les monts trovens ne foulent de gambades.
Tousjours le Dieu des vineuses Thyades N'affolle pas leurs cœurs espoinçonnez, Et quelouefois leurs cerveaux forcenez Cessent leur rage, et ne sont plus malades.
Le Corybante a quelquefois repos , Et le Curet^ sous les armes dispos, Sent par saisons le tan de sa déesse ;
Mais la fureur de celle qui me joint En patience une heure ne me laisse , Et de ses yeux toujours le cœur me point (a),
Bien que les champs , les fleuves et les lieux , Les monts, les bois, que j'ay laissez derrière, Me tiennent loin de ma douce guerrière, Astre fatal d'où s'escoule mon mieux ^
Quelque démon, par le congé des cieux , Qui presidoit à mon ardeur première.
Conduit tousjours d'une aisle coustumière Sa belle image au séjour de mes veux.
Toutes les nuicts , impatient cfe haste , Entre mes bras je r'embrase et retaste Son vain pourtrait en cent formes trompeur.
Mais quand il void que content je sommeille , Mo<]uant mes bras, il s'enfuit et m'eveilIe, Plein de regret, de vergogne et de peur.
a, Var. :
Mais la beauté qui me pousse en erreur En patience une heure ne me laisse :
« Le sang qui houst est toujours en fureur, »
les Coiybantes et les Curetés, ministres de Cybele, lorsqu'ils sacTÎfioient, estoient espris d'une fureur qui les faisoit courir, ciier, sauteler, comme hors du sens. (M.)
io6 Amours.
Il faisoit chaud, et le somme coulant Se distilloit par mon ame songearde.
Quand Tincertain d'une idole gaillarde Fut doucement mon dormir affolant.
Panchant sous moy son bel y voire blanc, Et mi-tirant sa langue fretillarde, Me baisottoit d'une lèvre mignarde.
Bouche sus bouche, et le flanc sus le flanc.
Que de coral , que de Hz , (]ue de roses, Ce me sembloit, à pleines mains descloses, Tastay-ie lors entre deux maniments 1
Mon Dieu ! mon Dieu 1 de Quelle douce haleine , De quelle odeur estoit sa bouche pleine , De quels rubis et de quels diamants ?