‹ Œuvres complètes de P. de Ronsard (volume 2)Chapitre 77 sur 227 · I. Du lien · texte numérisé non relu

I. Du lien

Premier Livre. 12)

J'eschappe franc, et du ret qui me noue En libre col je me voy dé-reté («), Au cœur a'un pré, loing des gens escartè,

8u'à bras fourchus l'eau du Loir entrenoue , i gazons verts un temple je te voue , Heureuse , sainte et aime Liberté.

Là j'appendrai le soin et les ennuis, Les hux plaisirs. les mensonges des nuits, Le vain espoir, les soupirs et Tenvie ;

Là, tous les ans, je te patrai mes voeux.

Et sous tes pieds j'immolerai cent bœufs, Pour le bienfait d avoir sauvé ma vie {a),

Veu la douleur qui doucement me lime' Et qui me suit, compagne, pas-à-pas, 3e connoy bien qu'encor \t ne suis pas Pour trop aimer à la fin de ma rime.

Dame, Tardeur qui de chanter m'anime Et qui me rend en ce labeur moins las.

C'est que je voy qu'agréable tu l'as Et que je tiens de tes pensers la dme.

Je SUIS vraiment heureux et plus qu'heureux De vivre aimé et de vivre amoureux De la beauté d'une dame si belle,

Qui lit mes vers, qui en fait jugement.

Et qui me donne à toute heure argument De souspirer heureusement pour elle.

a. Var. :

Là je veux pendre au plus haut chœur du temple Un sainct tableau aui servira d'exemple A tous amans, au ils ne m'aillent suyvant;

Et, pour garder que jplus je n'y retombe, Je veux macter aux Dieux une hécatombe :

« Belle fin fait qui s'amende en vivant. »

Page 1