I. L'alouttte,. la touâsrdte'ct le rossignols (B
J'aime un gentil laurier, de Phebus l'arbrisseau, Dont ma belle maistresse, en tordant un rameau Lié de ses cheveux, me ht une couronne.
Mars fut vostre parrein guand nas({uites, Marie; La Mer vostre marreine : un Dieu cruel et fier, Une mer à laquelle on ne se doit fier; Luy tousjours est colère ; elle est toujours marrie.
Sous un tiltre d'honneur, ce guerrier nous convie De hanter les combats, puis est nostre meurtrier; La Mer, en se calmant, fait semblant de prier Qu'on aille en son giron, puis nous oste la vie.
V ous tenez de ce Dieu , mais trop plus de la mer. Qui fistes vos beaux yeux serenement calmer Pour m'attirer chez vous par vos belles œillades.
Heureux et plus qu'heureux si je m'estois gardé Et si j'eusse la mer du havre regardé, Sans me faire presser en tant de Symplegades I
S'il y a quelque fille, en toute une contrée , Qui soit inexorable, inhumaine et cruelle , Tous)ours elle est de moy pour dame rencontrée, Et tousjours le malheur me fait serviteur d'elle.
Mais si quelcune est douce, honneste, aimable et belle, La prinse en est pour moy tousjours désespérée. J'ay beau estre courtois, jeune, accort et fidèle, Elle sera tousjours d'un sot énamourée.
Voilà que c'est d'aimer : ceux oui ont mérité D'estre recompensez sont en douleur profonde , Et le sot volontiers est toujours bien traicté.
Sous tel astre malin je nasquis en ce monde I traistre et lasche Amour, que tu es malheureux I Malheureux est celuy qui devient amoureux.
CHANSON (')
Amour, djr-moy, de grâce (ainsi des bas humains Et des Dieux soit tousjours l'empire entre tes mains )
Qui te foumist de flèches, Veu que tousjours colère en mille et mille lieux Tu pers tes traits es cœurs des hommes et des dieux,
Empennez de flammèches ?
Mais je te pri', dy-moy, est-ce point le dieu Mars, Quana il revient chargé du butin des soldars
Occis à la bataille ?
Ou bien si c'est Vulcan qui dedans ses fourneaux (Après les tiens perdus) t'en refait de nouveaux
Et tousjours t'en rebaille ?
Pauvret (respond Amour), et quov ! ignores-tu La rigueur, la douceur, la force, la vertu
Des beaux yeux de t'amie ?
Plus je respan dé traits sus hommes et sus dieux. Et plus d'un seul regard m'en fournissent les yeux
De ta belle Marie.
J'ay pour maistresse une estrange Gorgonne , Qui va passant les anges en beauté :
C'est un vray Mars en dure cruauté ; En chasteté, la iille de Latonne.
Quand je la voy, mille fois je m'estonne, La larme à l'œil , ou que ma fermeté Ne la fléchit, ou que sa dureté Ne me conduit d'où plus on ne retorne.
De la nature un cœur je n'ay receu ; Ainçois plustost, pour se nourrir en feu,