De Manille
Rogas quae mea vita »it, Ne9m , etc.
Second Livre. 173
Telle qu*ordonner te la plaist,
Pauvre, chetive, langoureuse, Dolente, triste, malheureuse, Et tout le plus fascheux esmoy D'amour fascheux loge chez moy (a).
Après, demandes-tu, Marie, Quels compagnons suivent ma vie ?
Suivie en sa fortune elle est De tels compagnons (]u'il te plaist ,
Ennuy, travail , peine , tristesse, Larmes, souspirs, sanglots, destresse; Et tout le plus fascheux soucy D'amour fascheux y loge aussi.
Voyla comment par toy, Marie, Je traîne ma chetive vie.
Heureux du mal que je reçoy Pour t'aimer cent fois plus que moy.
J'aime la fleur de mars, j'aime la belle rose, L'une qui est sacrée à Venus la déesse , L'autre qui a le nom de ma belle maistresse, Pour qui ne nuit, ne jour, en paix je ne repose.
J'aime trois oiselets (»), l'un qui sa plume arrose De la pluye de may, et vers le ciel se dresse ; L'autre qui veuf au bois lamente sa détresse , L'autre qui pour son fils mille versets compose.
J'aime un pin de Bourgueil, où Venus appendit Ma jeune liberté, quand pris elle rendit Mon cœur, que doucement up bel oçil emprisonne.