‹ Œuvres complètes de P. de Ronsard (volume 3)Chapitre 101 sur 155 · Livre. Q.UATaiES.iiE. 2jj · texte numérisé non relu

Livre. Q.UATaiES.iiE. 2jj

Ayt fait meurdrir leur oncle maternel , Dessus son fils Sigismond de Bourgongne, Dételle mort vengeront la vergongne. , Les rois unis et leurs camps compagnons Donnant bataille ensemble aux Bourguignons, Les meurdriront d'une mort très-amère , Gratifians aux larmes de leur mère , Qui souspiroit de ne point voir vengé Le corps royal de son père outragé.

« Ce Childebert et Ciotaire . grands princes ,' Pour augmenter les bords de leurs provinces, Rompant après la nature et la loy, (Entre les rois ne dure point la foy, Tant le désir de régner leur commande), Frères germains , suivis d'une grand'bande D'hommes armez , partiaux et meschans, Voudront, helas! de leurs fflaives trenchans S'entre-tuer, et rougir les oatailles Du sang tiré de leurs propres entrailles; Mais sur le poinct qu'ils voudront s'assaillir, . Voicy du jour la lumière faillir ; Neiges et vents et tourbillons et gresfe Du ciel creVé tomberont pesle-mesle , Entre-semez de foudres et d'esclairs ; Hommes , chevaux , morions et bouclairs Seront frappez d'un orageux tonnerre.

Un tel miracle appaisera la guerre De ces germains; le bon Dieu l'a permis, Puis de haineux devenus bons amis, Frères de sang et de cœur, sans rancune Ramasseront leurs puissances en une.

Fiers aux combats , invaincus chevaliers; Puis, en poussant milliers dessus milliers D'hommes armez, par hautes destinées.

Iront gaigner les (^mes Pyrénks , Princes hardis, mespriseurs dé travaux.

Les monts d'Espagne au bruit de leurs chevaux Retentiront, etj couverts de gens d'armes.

ïj4 Î^À ^RÀ)iétÀ5É.

Les champs luiront sous la splendeur des armés U).

Lors Almarfc (i), rov des G<)ts, qui tiendra. Sous luy l'EspsIcne, àrdahi Tés assaûarà .

(Nouveau fuzii de l'ancienne noise)) Mais pour néant* dar la vertii frànçoîse $ De pieds , dé ihains èi de kste poussant ^^ Ira des Gots Fâ force renversant (^)i Leur roy, voyant sa puissance coupèé Du fer eaulois, sçaura que vaut Tespéè Dé Chitdebert , cjui , lùy perçant là peàii , Co^es et cœur, ira jùsqù au ]:iômmeau.

D'une grand' pjaye en la poilririè ouverte Avec le sang fuira l'aihe deséfte.

Pu cog>s.gothicq , et ^ franche de ses os,.

Ira chercher là baâ autre rep6s (c).

[Ces frères rois, aiiis frayeur jiés campagnes, . Ardrohl, perdront , pilleront lés Espagne^, Mettant à sac «t peuples et selknéùri.

Lors, tout enflez de pùtins et d honhéùrsj, Et d'Une gloire aux François éternelle Viendront revoir leur terre paternelle ; Puis san$ ehîaâS) dès hommes lé confort^

a. Var»i

Retentiront, -et te cours dès rMret Sera kuttti deiturs^tbttpesguerrihres»

b. Vàr. i

Ée bandM touïe et de 'Peines et â*6S, Fera broncher sur U poudre lu GoUk

t, Vati \

Du corps goàic, f iti, grinçanL maudira Dequoy si tost son printemps s en irai

I . La première édition porte Almaric, les saivaBtei.metttat Alarit C'est Àmlanc, roi dei Wistgoths.

LtvkÉxixîAiRitiJÀÊ. i}5

Comme tous rots sçaufoni qne peut la mort)

— [Quel est cest autre , ehoitè de sa face ?

— C'est Aribert, deshonneur de ta race, Le nourrisson (ie toute volupté^

Qni pour toft fils ne doit «estrc contè.j

L autre d'après-, qui, tout morne-, se fesche>

Sui tient sa gorge et qui , marchant-, remasché ainte. menace et rêve tout à soy, C'est Childeric, indigne d'estre roy; Mançe-sujet, tout rouillé d'avarice.

Cruel tyran , serviteur de tout vice , Lequel d'imposts son peuple destruiray Ses citoyens en exil hsnaakd^-i, Affamé d'or^ et .par armes ^contraires Voudra ravir la terre de ses frères, N 'aimant personne et de personne aimé^

?ui de putains un serrail diffamé era méfier en quelque part qu'il aille , Soit temps de paix ou soit temps de bataille^ En voluptez cômonmiera leijbur*.

Et n'aura Diçu que le ventre et l'amour.

[Du peuplé sien n'entendra les complaintes $ Toutes vertus, toutes coustumes saintes Des vieux Gaulois fuiront devant ce roy,.

Grand ennemy des pasteurs de sa Icmt («).)

a Les escoliers n'auront les bénéfices , Les gens de bien fty honneurs ny offices»

Tout se fera par flateurs eshontez.

Et les vertus seront 4es voluptez.

[Jamais d'en haut la puissance céleste Ne monstra tant son ire manifeste^

tf. Var.((d; pos^brtffidiif)*^

Tel prince semble au pourceau ^ui se 'Peàért En un bourbier : un plaisir tire l'autre.

Déjà le ciel par signes le presckoit Que d*un m rôy là Vie Ufaschoii*

2i6 La Fkavciade.

Et jaiiaîs Dieu, le graad père de tous, Ne moastra tanit aux hommes son courroux.

Signes de sang, de meurtreset de guerre, De tous.costez un tremblement de terre, Horrible peur des hommes agitez, De fond en comble abattra les citez.]

ce Jamais les feux la terre ne crevèrent En plus de lieux; jamais ne s'eslevèrent Plus longs cheveux de comètes aux cieux; [Jamais le vent, esprit audacieux («), En fracassant et forests et montagnes.

Ne fist tel bruict balayant lescampagne^.

Les pains coupez de sang se rougiront.

En plein hjrver les arbres fleuriront^] Et toutesfois , pour ces menaces hautes , Ce meschant roy n'amendera ses fautes ; Mais tout superbe^ en vices endurci, Contre le del élevant ie sourci .

(0 cœur brûlé d'infâme paillardise 1) Estoufera, contre sa foy promise, En honnissant le sainct Hct nuptial , Sa propre espouse, espoux très-desloyal.

« Ny lict, ny foy, ny la nutct amoureuse Ne détendront Galsotrae malheureuse

Su^en luy pressant le gosier de sa main ê la suffoque , homiade inhumain I Acte d'un Scythe, et non d'un roy de France^ Lequel devoit s'opposer en defence Pour la sauver , et luy-mesmes s'offiir Plttstost cent fois à la mort que souffrir De voir sa fennpe ou captive ou touchée; Et toutefois , auprès dt luy couchée , Joincte à son flanc, le baisant en son lict, Seure en ses bras, restra«glera denuict.

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