I. Pourpienz
270 Le Bocage royal.
guand le prince n'auroit qu'un vestement de laine , t qu'il retrancheroit par edictz redoutez Les fertiles moissons des ordes voluptez , Couppant, comme Hercules, l'hydre infâme des vices, Par 1 honneste sueur des poudreux exercices ?
A forcer par les bois un cerf au front ramé , Enferrer un sanglier de défenses armé , Voir levreter («) le lièvre à la jambe pelue, Voir pendre les faucons au milieu de la nue , Faire d'un pied léger poudroyer les sablons , Voir bondir par les prez l'enflure des ballons (2), A porter leharnois> à courir la campagne, A douter sous le frein un beau genêt d'Espaigne, A sauter, à luitter d'un bras fort et voûté : Voilà les ferremens trenchans l'oisiveté.
Mais porter en son ame une humble modestie , C'est à mon gré des rois la meilleure partie. Le prince guerroyant doit par tout foudroyer ; Celuy qui se maintient doit bien souvent ployer ; i
L'un tient la rame au poing , l'autre espie à la hune ; ]
En l'un est la prudence , en l'autre est la fortune. Tousjours l'humilité gaigne le cœur de tous ; Au contraire, l'orgueil attize le courrons.
Ne vois-tu ces rochers, rempars de la marine? Grondant contre leurs pieds, tousjours le flot les mine, Et d'un bruit escumeux à l'entour aboyant , Forcenant de courroux, en vagues tournoyant , Ne cesse de les battre, et d'obstinez murmures S'opposer à Peflbrt de leurs plantes si dures , S'irritant de les voir ne céder à son eau.
Mais quand un mol sablon par un petit monceau Se couche entre les deux, il fléchit la rudesse De la mer, et l'invite, ainsi que son hostesse, A loger en son sein : alors le flot qui voit
1 . Voir faire les petits aux lièvres , de mesmc que l'on dit chienner.