Livre pREifisR
Des boucs cornus, des béliers tes agneaux ; Ainsi Franctts d'une prompte allégresse Tiroit à part la gaillarde jeunesse Au sang nardi , serrant d'une autre part Vieilles, vieillards et enfans à Pescart ,
?ui froids n'avoient ny teste ny poitrine ôur supporter la guerre et la marine, Peuple sans nerfs et sans ardeur, que Mars N'enrolle plus au rang de ses soldars.
Francus, vestu d'armes toutes dorées, Des mains d'un maistre artisan labourées.
Comme le feu d'un tonnerre luisoit , Et si grand peuple en ordre conduisoit, Monstrant, (pierrier, sa taille bien formée, Tel qu'on voit Mars au milieu d'une armée.
Les morions. les piques des soldars Et les hamois fourbis de toutes pars , Et l'emery des lames acérées.
Frappez menu de flaraes etherées, Et du rebat du soleil radieux, Une lumière envoyoient dans les cieux , Qui çà, oui là, comme à pointes menues * En tremblotant s'esclatoit dans les nues.
Maint estendart ply sur ply se mouvant De tous costez. se boufioit par le vent, Qi|i d'un grana ombre ombrageoit la campagne , Et la trompette au haut de la montagne.
Enflant l'airain par enrouez accords, Faisoit bondir les cueurs dedans les corps (a).
Adonc, Francus, qui seul maistre commande , Prompt et gaillard au milieu de la bande..
Voulant sa main d'une lance charger,
«. Var. en plKC des 6 vers qui précèdent :
Ainsi que lait mus l'ardctiU clairti MûinU bluettc au plus clair de l'esté.
64 La Frangiade.
Il a tousiours Mercure dans les yeux
Et dans resprit la belle destinée
Qui pour Francus au ciel est ordonnée.
[Comme il pensoit cent pensements divers , Voicy saillir au profond des enfers L'ombre d'Hector en la mesme manière Qu'il estoit lors que sa dextre guerrière , Se confiant en Taide de ses dieux , Braguard , hautain , superbe, furieux , Haut animant la troyenne jeunesse, Darda le feu dans les vaisseaux de Grèce, Ayant brisé en mille et mille parts D'un grand caillou la porte des remparts.
Telle ombre estant au grand Hector pareille Pousse Helenin et ainsy le conseille :
« Frère très-cher, qu'en vivant j'aimois mieux Que mon enfant, que mon cœur, que mes yeux, Dont la prudence a régi mon armée.
Or' qu'au tombeau ma vie est enfermée.
Et que j'ay peu mon mortel despouiller.
Esprit certain, je te veux conseiller.
Obéis , frère> au grand dieu qui commande En ma faveur une chose si grande.
Les champs gaulois aux Troyens sont promis; Ainsy pour nous le destin l'a permis :
Au ciel ira de mon enfant la race.
Pource, aussitost que la nouvelle face Du jour poindra, courrière du soleil , Fays assembler les peuples au conseil. D'un œil accort , par le peuple, regarde Les hommes nez d'une âge plus pillarde, Et par sus tous choisis en tes vaisseaux La fleur esleue entre les jouvenceaux Fronts à la guerre et qui pour nul orage , Chauts de l'honneur , ne perdront le courage. Toy bienheureux, demeures icy roy, Ayant ma femme Andromache chez toy,