‹ Œuvres complètes de P. de Ronsard (volume 3)Chapitre 35 sur 155 · Livre secoftd · texte numérisé non relu

Livre secoftd

Par les cïiiloux iiioiitèi%nt sur le bord.

L'eau de la mer ûts chareox gome à goate , Depuis le front jmqu^au pied, leor dégoûte Blanche d'escumé^ et leurs men^res souflez De tant de vents Se beufirent enflez ; Les flots salez de la gorge vomirent.

Evanouis leurs esprits se perdirent; De tant de œauir débiles et laschez, Comme corps morts sur la rive couchez Sans respirer, sans parler ; mais à l'heure Que le taureau qui tout le jour lateure Franc du collier retourne a la maison ^ Ces corps sortis de longue pasmoison Baisent la terre et la rive venteuse.

« Quiconoue sois, terre, sois-nous heureuse.

Ce disoient-ifs, et loin de tous dangers Sauve en ton sein nous pauvres estrangers, Qui ont souffert mainte dure fortune Par le courroux des vents et de Neptune.»

Comme ils prioient, lé dormir ocieux , Cbasse-soucy, leur vint siller les yeux , Et, l'une à l'autre attachant la paupière.

Leur desroba le soin et la lumière.

Tandis Cybèle en son courage ardoit Dequoy Neptun' son Francus retardoit :

Car elle aimoit (comme estant Phrygienne) L'enfant d'Hector et la race troyenne :

Pource soudain son char elle attela , Bat ses lions et vers le Somme alla.

Le dieu vieillard qui aux songes priestde.

Morne, habitoit dans une grotte humide.

Devant son huis maint pavot fleurissoit^ Mainte herbe à laict oue la Nuict choisissoit Pour en verser le jus dessus la terre.

Quand de ses bras tout le moude elle enserré. Du haut d'un roc un ruisseau s'escouloit, Oblivieux, oui, rompu, se rouloit Par les cailloux, invitant d'un mnmiBre

100 La Franciadb^

A sommeiller en la caverne obscure (a).

ILe coq, qui aime à saluer le jour, i'oye et le chien nV avoient leur séjour; Sans plus, la Nuit, r Horreur et le Silence En tel logis faisoient leur demeurance. ]

«Somme, dit-ell', le doux sorcier des yeux, Le bien-aimé des hommes et des dieux, Par qui le mal, tant soit mordant, s'oublie , Par qui l'esprit loin du corps se aeslie , Va (je le veux) en ceste isle où souloient Jadis sauter les hommes qui baloient Au son du cistre, et de cliquantes armes S'entre-choquant, avantureux gendarmes, D'œil vigilant, en Tantre dictéen Gardoient le(i] bers du grand saturnien, Terre fertile , anciennes retraites Des Corybans, Dactyles et Curetés.

ft Là ae leur race est encor' aujourd'huy Un Coryban, le soustien et Tappuy De tout honneur, de science semblable Au vieil Chiron, Centaure vénérable.

« C^and il avoit le sang plus généreux, En sa jeunesse, il devintamoureux.

Si ou'en pressant à sa chère poitrine Dedans un antre une nymphe marine, D'elle conceut deux filles et un fils.

Les filles sont, ainsi que deux beaux lis, En la maison de leur père croissantes.

En âge, en grâce, en beauté florissantes; Le fils captif languit depuis un an En la prison d'un barbare gean

tf . Var. :

Par Us cûïlloux, dont le rauqut marmare D*un doux rempart les yeux de l'homme emmure.

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