‹ Œuvres complètes de P. de Ronsard (volume 3)Chapitre 37 sur 155 · Livre SECOND. lo · texte numérisé non relu

Livre SECOND. lo

0\k ces grands corps încogneus Temdn, Lors les Troyens en sursaut s^eveiliirent^ Qui de le voir au cœur s'esmerveillèreot; Luy. plein d'e&oy, en pasmaison devint.

Et de son songe à rheuré luy souvint.

« D'où estes-vous (dit-il), de quelle place ? Quels sont vos noms^ et quelle est vostrerace ?

Quelle fortune, ou quelte mer sans foy.

Vous a trahis ? Hostes, respondezr^moy :

Car à vous voir (bien qjie pleins de nusères) \ N'estes meschans, nyms de. meschans -pères. »

Alors Francus, baignant ses veux de pleurs, - Et souspirant aigrement ses douleurs , Luy respondit : a Si jamais les merveilles Des Phrygiens ont frappé tes oreilles, La ioague gperre et les dix, ans d'assauts , Le fier Achille^ autheur de tant de. maux, Le sac, la prise et la Hame funeste Du brazier grec , nous en sommes le reste* Pour soutenir leur^ villes et leurs forts, . > Femmes, enfants^ ao^ ayeux y sont morts , L'un sur le mur, l'autre par. les alarmes.

Hector, l'honneur des hommes et des armes.

Le père mien, ayant cent mille fois. (<).

Trempé le sable au meurtre des Grégeois, .

Gardant son père, e^ sa m^re, et sa ville, Y fîit tué par la traison d'Achille.

Comme un sapin par lé fer abbatu,

Hector tomba de ses armes vestù.

Faisant un bruit sur la poudre troyenoe , Où du veinque^r lai roue aempnienne

tf. Var. :

Là, pour sauwr maisons j UmpUs et dieux ^ Femmes j tnfans, moururent nos ayeux ^ L'un iur le mur, l'autre. au milieu des armes. Hector, llionneur des val^ureuif gendarnus g Qmm engendra, ayant çaÀimàL/oà.^*.

104 La Franciadb»

fActe vilain et plein d'impiété) Trois fois le tramé autour de la cité.

Je fus sauTé de la flame cnieNe (Acte dtrrn !} pendant à la maramelle ; Je fus des Grecs en servage amené , Nourrj sans nom, bien ane hautement né.

a Ceux que tn vois d un visage si blesme Couchez icy ont eu fortune mesme, De mesme viHe, issns de mesme part, Mes alliez de sang et de hazart.

« Quand sans honneur, sans grandeur, sans envie. De mus haut bien ['aloy traînant ma vie En Chaonie, aux pteds de mes parens, Voicy d'enhaut des signes apparens; Voicy Mercure envoyé du grand Père Tancer mon oncle et menacer ma mère , De quoy forçant le ciel et la saison Ils enfermoient ma gloire en la maison , Et que des dieux les hautes destinées Avoient pour moy les Gaules ordonnées, Estant au ciel père des roys receu; Mais le destin et Fes dieux m'ont deceu.

«Croyant en vain leur promesse menteuse.

Prompt, je me donne à fa vane venteuse, Armant en mer quatorze grands vaisseaux , De vivres pleins, et de forts jouvenceaux , Dont j'esperoy d'une haute entreprise Douter sous noy cette Gaule promise.

Malheureux est qui desdaigne le sien Pour l'estranger : en Keu de tant de bien , Couronne, sceptre, et royal raarrage, J'a^ eu la mer et les vents en partage ,

851 d'espérance et de biens m'ont cassé, t de quatorze un vaisseau m'ont laissé.

Qui, pi^s ce bord sans mast et sans antène»

Demy^rompu, s'embourbe sous l'arène.

Où tout mon bien j'avoy fait enfermer, Si c'est du btei ce qui fhotte en la mer.

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