Livre SECOKD. i}t
Car il fut tel que la grand' coutelace, Fendant l'armet, alla dessus la place En maint esclat de fiâmes allumé, Laissant le poinç du tyran desarmé.
[Francus, troublé de pâmoison extresme, ^erdit la force en se perdant sov-mesme, Perdit raison, contenance et couleur, Grinçant les dents de rage et de douleur.
Dedans le tais luy tourne la cervelle; Devant ses yeux erre mainte chandelle.
Maint tintouin aux oreilles luy bruit.
Son chef balance, affublé d'une nuit.
Et cependant son cheval le promeine, Comme il luy plait, au travers de la plaine.
Sans respirer, sans sentir et sans voix, D'ouvertes mains fit siene par trois fois D'aller à terre; et, si raspre tempeste De ce meurdrier eust suivv sa conqueste.
Jamais Francus aux Gaules n'eust pris bord; Mais le géan le tenoit comme mort] (a). Une palleur qui s'enfante de crainte Des regardans avoit la face peinte.
Et le sang froid qui au cœur s'assembla Fit que Dicée en souspirant trembla.
Mais , tout ainsi qu'on voit deux colombelles Frémir de peur sous les griffes cruelles De l'espervier aux ongles bien trenchans,
fiui loin du nid s'en-voloient par les champs > rouver de l'orge et des graines pour paistre Leurs doux enfans qui ne font que de naistre. Ainsi trembloient dans l'estomac les cœurs, 'A longs souspirs, des deux royales sœurs
. tf. Vw.:
gtti, maugréant, toumoitauciel la reae, i voir sa main au besoin despourveuc; Et toutesfois Francus il regardoit.
Et, sans bouger, riant, le brocardoit.
132 La Francupb.
Sil'Amour bruloit d'une vive flaméche, Tdans leur sang avoit mouillé sa flèche.
Tandis Francus en armes eut loisir De se refaire et la place choisir^ Pour se venger, où le fer le plus rare Entre-serroit la gorge du barbare.
Trois , quatre fois son cheval repioua, Et d'un grand heurt son ennemi cno()ua, Bandé de nerfs /de muscles et de veines; Puis, en serrant fortement à mains pleines Son coutelas , la pointe en retourna, Et du pommeau coup sur coup luy donna {fi)^ Contre la jgorge, où la boucle ferrée Du gorgerm laschement fut serrée, Et my-pasmé sur Tarçon Tabbatit.
Avec le sang Tescume luy sortit Loin de la gueule, à gros flots , ondoiante.
Francus le prend , le presse, le tormente, Et tellement le courage luy vient Que d'une main et de l'autre le tient. Pousse et repousse, et d'un tel nœua le serre
8ue des arçons tous deux tombent à terre omme grands pins. Le harnois fait un bruit Dessus leur dos. La colère les suitl
Mais , aussitost que la terre pressèrent , Plus que jamais au combat s'élancèrent