Livre troisiesme
a Va d'un pied yiste et le fais enterrer, Et son esprit ne laisse plus errer Dessus le corps longtemps sans sépulture, Qu'il ne te soit un malheureux augure.
Dessous ta main le Monde il eust soubmis, Si le Destin envieux eust permis Qu'il eust en Gaule ordonné ton armée.
iTTiomme n'est rien qu'une vaine fumée 1 »
A-tant la Nvmphe en parlant devalla l'eau; l'onae, qui çà, ai Flot dessus flot en se ridant grommelle ,
Son chef sous l'eau; l'onde, qui çà, oui là,
D'un long tortis l'engloutit dessous elle.
Tandis Dicé, que le soin tient ravi.
De Francion le pas avoit suivi- Deux grans lévriers, yssus de bonne race , (Fidelle guet) le suivoient à la trace ; En abordant Francus plein de soucy, Luy prit la dextre et le salue ainsi :
« Prince Troyen. dont la vertu première Du père tien efface fa lumière ; Quand mon pais en deux je partirois.
Et d'une part honoré je t aurois , Encor beaucoup je serois redevable A ta vertu, qui n a point de semblable. Tu as sauvé mon enfant du danger ; Seul tu as peu du Tyran me vanger, Monstre cruel, engeance de malice, Mocqueur des Dieux , mespriseur de Justice,
gui, m'ahontant de toute indignité, é son harnois estonnoit ma cité.
« Je t'offrirois en lieu de ta prouesse Un grand amas de pompeuse richesse,
Le fier sanglier de sa défense en l'aine L'a navrimortestendu sur la plaine.]
Les sept premiers vers sont dans 1 578 et i $84 ; les quatre derniers ne sont que dans les éditions posthumes.
.154 ^A Franciade.
Bagues, lingots, couoes d'or et vaisseaux; Mais tu ne veux, 6 fleur des jouvenceaux , Ta vertu vendre à si fresle despense ; Le seul honneur te plaist pour recompense.
a Le seul honneur en Tantique saison Assit Hercule, et Thésée et Jason Dedans le Ciel, et je t'ose promettre Que ta prouesse encores te doit mettre Dessus la nue, auprès de tes ayeux Que la vertu enroolle entre les Dieux.
a Pource, estranger, la richesse mesprise; Ne rouille point ton cœur de convoitise , Et, comme prince aux armes bien appris, De tes labeurs louange soit le prix.
Entre les biens les plus grands de ma ville.
Mon seul trésor {a) j'ay une chère fille, Qui de beauté ne fait place à Venus , Dont ja les ans accomplis sont venus Qu'elle doit estre en fleur d'âge menée Dessous la loy du nopcier Hymenée.
S'elle te plaist, nous joindrons en sa main La tienne , afin oue des le lendemain Tu sois espoux d'une si chaste fille , Et de vous deux s'élève une famille (b) Grande en honneurs, de ceste terre rois , D'où tes ayeux sont issus autrefois :
fl. Var. :
Entre Us biens que fortune labile M*a concédez . . .
K var. (1578):
Si son Printemps ne te vient à desdain, Joins par serment ta main dedans sa main.
Et de vous deux alliance se face.
De tel accord pourra naistre une race.