‹ Œuvres complètes de P. de Ronsard (volume 3)Chapitre 99 sur 155 · Livre quatriesme · texte numérisé non relu

Livre quatriesme

Puis, sans donner aux Romains nulles trêves

Fera broncher les murailles de Trêves]

Où ce Gillon vagabond s'enfuira {a).

Les fiers Saxons en bataille occira ;

Il tuVa Paul, de nation romaine.

Et d'Orléans tirant jusqu'au domaine

Du riche Anjou, hazardeux aux dangers ,

Se fera roy, victorieux d'Angers .

Et des Romains les armes estoutées

Au Dieu de Loire appendra pour trofées.

a Vois-tu Clovis , grand honneur des Troyens ,

m , le premier abhorrant les Payens

Tdes Uentils les menteuses escofes , Pour suivre Christ laissera ses idoles , Donnant baptesme aux François dévoyez ?

Et, lors, du ciel luy seront envoyez Un oriflame, estenaart pour la crainte De ses haineux, et Tampoulle tressainte, Huile sacré, onction de vos rois.

Son estendartj deshonoré de trois Crapaux boufns pour sa vieille peinture.

Prendra des lys a la blanche peinture (^), Présent du ciel. Dieu, qui le choisira, De cœur, de force et d'honneur l'emplira.

[Ne vois-tu pas comme son front assemble La gravité et la douceur ensemble , Ayant le bras armé sans estre armé, Ensemble craint ; ensemble bien-aymé ?

Nul ne vaincra ce roi de courtoisie ; Mais quand Tespée au poing aura saisie ,

tf. Var. :

Son bras ami dû Rhin st saiska.

b. Var. :

Crapaux, prendront pour marques honorées En champ d'azur des fleurs de lis dorées.

2J0 La Pranciadk.

Nul conaierant , tant soit brave de cœur.

De ce Clovis ne vaincra la fureur. , Il poursuivra d'une ardente colère Siagre, fils de GiUon, qui son père E)epos9eda, et son camp assaudra Sf vivement que Soissons il pren^ira^ Perdant du tout là puissance romaitfe i Puis dès le Rhin jusqu'aux rives de Seinef., De Seine à LeirÇr il sera conquereur.

Des rois voisms le ioudre et fa terreur.}

a Luy, conduisant une gaillarde armée (La fortune est d'inconstance emplumée)^ Outre fe Rfiin contre les AHemafisr, Peuples hardis, aux guerres véhément ^ Sera pressé d'une si grande suite , Que , tout honteux de penser à la fuite.

En son périt aura recours à Dieu :

Lors, s'esfançânt furieux au milieu Des AUemans , de sa françoise espée Rendra de sang la campagne trempée , Tu'ra leur roy, et des peuples dontez^ Tributs chaque an fuy seront ^mportez.^

a Lors^ enrichi des. despôiiilles conquises , Au nom de Christ bastira dés églises; Puis , se chargeant (après avoir vaincu) Le dos de fer et le bras de l'escu, Ira de Vienne aborder le rivage.

Un cerf chassé monstréra le passa&e Au camp françols . grand, miracle oivift { Près de Poitiers fera trembfer le Clin Dessous ses pieds, aheurtant de furie Alanc, rm des peuples de Gothie.

a Déjà le vent braille les eslenda»»^ Pied contre pied.se fichent les soldars, Joyeux de sang. Tout le coeur leur bouillorme^ Une poussière en rond les environne ,.

Et sans relasche au milieu des travaux Sont renversez chevaliers et chevaifit.

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