‹ Œuvres complètes de P. de Ronsard (volume 4)Chapitre 3 sur 127 · L'APOTHÉOSE DE RONSARD · texte numérisé non relu

L'APOTHÉOSE DE RONSARD

mon Ronsard^ ô maître Victorieux du mètre, sublime éclianson De la chanson I

Divin porteur de lyre, Que voulurent élire.

Pour goûter leur$ douceurs, Les chastes Sœurs l

Toi qui, BOttveau Pindare, De Tart savant et rare De Phœbus CyntbieB Faisant le tien,

XIV Les Poètes

A rivresse physique De la folle musiaue Sagement as mêlé Le rythme ailé !

Père! aue ma louange Te célèbre et te venge.

Et, comme vers mon Roi, Monte vers toi !

Mais (jue dis-je? PEnvie Oui déchira ta vie Ne mord plus de bon cœur Ton pied vainqueur,

Et, nette de souillure, Ta belle gloire pure Va d*un nouvel essor Aux astres d*or.

Ton nom deux fois illustre A retrouvé son lustre.

Comme il Tavait jadis Au temps des lys,

Et toi, dans Taube rose De ton apothéose.

Tu marches, Pœil en feu.

Ainsi qu'un Dieu.

Tenant ton luth d*ivoire, Près d'une douce Loire A la berceuse voix, Je te revois

Dans un jardin féerique.

Où le troupeau lyrique Enchante de tes vers Les bosquets verts.

DU xixe Siècle. xv

Là Du Bellay fhonore, Et je retrouve encore, Près de cette belle eau, Remy Belleau,

Et Pontus et Jodelle

Et Dorât, ton fidèle,

Et ce chanteur naïf

Le vieux Baïf.

Avec eux, ces Déesses, Les hautaines Princesses Du sang pur des Valois, Suivent tes lois

Et servent ton Hélène A la suave haleine, De qui la lèvre leur Semble une fleur.

Et Cassandre, et Marie Qui, rêveuse, marie La rose dans sa main Au blanc jasmin.

Mais Vénus parmi Pherbe Est aussi là, superbe ; Les fleurs, pour la parer, Laissent errer

Leurs ombres sur sa joue; Quelques fois elle joue Avec Parc triomphant De son enfant.

Et les saintes pucelles.

Qui mêlent d*etincelles Et de feux adorés Leurs crins dorés.

xvj Lbs Poètes

Levant leurs bras d'albâtre, Vous suivent, chœur folâtre De votre voix épris, Dans ces pourpris.

Mais voici que tu chantes !

Et tes strophes touchantes Déroulent leurs accords Divins : alors,

Ronsard, tout fait silence :

La fleur qui se balance.

Le ruisseau clair, Toiseau Et le roseau ;

Dans les cieux qui te fêtent Les étoiles s'arrêtent Et suspendent les airs De leurs concerts ;

On n'entend que ton Ode Qu'après toi, dans le mode Ancien, le choeur ravi Chante à Tenvi,

Et chacun s'en récrée, Hélène, Cythérée, Déesses de la cour.

Enfant Amour,

Muses aux belles bouches; Et les astres farouches Restent silencieux Au front des cieux.

Théodore de Banville.

DU \ix* Siècle. xvij

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