ODE
îojy le meilleur des Roys, iRace du ciel tirée, BDepuis dix ans cent fois
Jj'ay la mort désirée.
î'ay voulu m'en aller Du lieu de ma naissance, Pour n*ouïr plus parler Des affaires de France.
Des grands jusqu'aux petits Tout a perdu la honte ; Tout va de pis en pis Et si n'en faictes conte.
I . Extrait du manuscrit de l'Estoile, communiqué par M. Aimé ChampoUion-Figeac.
no Œuvres
Le destin promettant qu'après longues années,
Des vieux siècles passez jusi)u'à nous retournées
La terre s'ouvriroit et seroient redonnez
Tant d'Empereurs au jour, de lauriers couronnez,
Pour revivre en leur mort et revoir comment mue (*)
La terre qu'autrefois leur sceptre avoit tenue.
Le ciel se roule ainsy. Toute chose a son tour,
La mort aprez la vie et nuict aprez le jour.
J'admirois de Cœsar l'image vénérable,
Et celle de Pompée au destin misérable;
Celle du grand Auguste à qui les cieux amis
Avoient le gouvernail de ce monde promis ;
De Tibère, Danni rappelé d'avanture;
Et de Caïus qui fust le monstre de nature;
La médaille de Claude et celle de Néron,
Qui fust neuf ans meschant et cinq ans assez bon ;
Et celle de Trajan à la barbe espagnole,
fini l'Atm«Mf>A ArMmifA ••A*mo4 on r^<>r\«4/NlA •
Des Grâces J'ornement, de Venus la ceinture.
Le compaignon d'Amour, le miroir de Nature,
Délice d'Adrian, vertueux Empereur
S'il n'eust souillé son nom d'une si grave erreur.
Cest Antinois estoit Bithynien de race;
Comme une belle Aurore estoit belle sa face;
Tout son corps ressembloit aux fleurs du renouveau
Ou à quelque Adonis pourtraict en un tableau.
De ses cheveux crespez la teste bien pignée
D'un zéphyr amoureux tantost accompagnée
Se jouoit sur son corps ; tantost ointe d odeurs
Flottoit dessus son front environné de fleurs.
Ses sourcils estoient bruns, bruns ses yeux, et sa vcue
Estoit de tant d'attraicts et de grâce pourveue
Que l'Empereur sentoit, en sentant son regard,
Luy tomber dans le cœur la pointe d'un poignard.