‹ Œuvres complètes de P. de Ronsard (volume 4)Chapitre 65 sur 127 · QUATRAIN AU MESME (1J · texte numérisé non relu

QUATRAIN AU MESME (1J

Celuy-là qui fut ecorché Par le vouloir de nostre Prince, Chante de voir si bien torché Ccluy qui vivement le pince.

ïambes

CONTRE UN MESDISANT DE RONSARD, (i)

Avant, avant vers furieux !

Fouidrovons Thomme injurieux,

m, de sa bavarde ignorance, eut honnir Thonneur de la France, Abovant d'un gosier félon Un des plus chéris d'Apollon!

Ourdissons une corde telle Que celle d'Archiïoc, ou celle Qu'Hipponax, ireux, retordit, ASn que Bubal se pendist.

Et vous, infernales Furies, Si jamais vos forceneries Donnèrent tourment étemel A quelque pale criminel.

C'est à ce coup, sœurs Eumenides, Vengeresses des Pegasides, C'est, Eumenides, aujourd'hui Qu'il le faut donner a cestuy, Rebrouillant de vostre tempeste Le cerveau de sa folle teste.

I. 11 m'a paru intéressant de conserver ces ïambes que j'ai recueillis en tète des Amours (Basle, 1557). Ils sont suivis du sonnet à la louange de Ronsard par Saint-Gelais. Et pourtant ils semblent s'appliquer à ce aemier qui en a sans doute été peu flatté. Ceci expliquerait comment la paix entre les deux poètes fat plus apparente que réelle. Ils ne portent point de signature. S'il est difficile d'admettre que Ronsard les ait écnts en entier, il pourrait en avoir composé une bonne partie. P. 6.

150 Œuvres

Et remplissant en sa fureur De vostre plus hideuse horreur ; Pour le moins d'une telle rage Tempestant si fort son courage, Qu'il semble un Adraste nouveau Ou quelque autre Ajax porte-fleau, Le meurtrier de sa mère. Oreste, Athamas, Rolland ou Thyeste, Ou ce bel enfant furieux Aimé de la mère des Dieux.

Là doncques, race furieuse, Gesnez son ame vicieuse, Et Pune de vous sur son sein Acharne un lézard inhumain.

Et Pautre de rouges tenailles Bourrelle ses ordes entrailles:

Puis toutes trois vous assemblez, Et de cent tourmens redoublez Faites-luy ressentir en Tame Le gueraon de son meschant blâme!

Couvrez-luy ses cheveux pendans De mille serpenteaux mordans ; Puis ayant tors d'un pouce horrible Les cordons d'un fouet terrible, Gravez son crime sur son dos, Froissez-Iuy malement ses os Et de cent singlades cruelles Detranchez-le jusqu'aux mouelles ; Faites qu'il ait toujours en vain D'Erysichton l'ardente faim.

Et le paissez, damnant sa vie, Dés mets venimeux de l'envie; Puis tousjours sa peine agravant, Des eaux de Galle l'abreuvant Et luv donnant les chiens pour guide

?gi aeschirerent Euripide, ortillé de mille liens Sur les sommets Caucasiens

Chassez-le, et faictes qu'il y sente Sa peine tousjours renaissante, Et pesle-mesle son malheur Croisse à Tenvy de sa douleur !

Car c'est le tourment que mérite Une ame des Dieux si maudite, Si maudite dis-je des Dieux Et de la nature et des cieux, Tâchant misérable d'offendre Le renom de nostre Terpandre, De ce Ronsard qui de ses vers Dore nostre âge et Tunivers ; Et souiller d'une voix honnie Les vertus de mon Lomenie, En qui le vray portraict je voy Du vray secrétaire d'un Roy, Et sous qui l'heureuse nature M'a faict prendre ma nourriture.

C'est pourquoy, d'un vers furieux, Je foudroyé l'injurieux Qui de sa bavarde ignorance Foudroyé l'honneur de la France ; Aboyant d'un gozier félon Un aes plus chéris d'Apollon.

ŒUVRES INÉDITES

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