LETTRE DE LOYS DE RONSART
A M. LE ORAND-MAISTRE. (*)
Monsieur,
La suffisance de monsieur le Trésorier Babou présent porteur me gardera de vous faire longue lettre, mais bien vous advertiray de la bonne santé et disposicion en quoy sont Messeigneurs quy nepourroit estre meilleure corne empremier suis informé par mondit sieur le Trésorier et pareillement de leur traictement et estât de vivre.
Monsieur et Mademoiselle de Chavigny et les autres serviteurs et servantes de mesdits Sieurs sont arrivez en ceste ville délibérez chacun en leur endroict de bien soigneusement servir mesdits Seigneurs en actendant
gue autrement le Roy et Madame y aient jpourveu. It cependant^ Monsieur, je feray servir pour là bouche de mesdits Sieurs, les officiers les plus capables et souffisans qui soient de par deçà et pour ce que du demourant du fakt et conduicte de la maison , mon dit sieur le Trésorier et moy en avons tenu propos ensemble, et aussi que je luy ay baillé ung mémoire des officiers qui furent menés à Barcellunne estans es galleres et ailleurs. Je ne vous en diray davantage, sinon que je vous supplie, Monsieur, très humblement me tenir en vostre bonne grâce pour humblement recommandé et comme Pung des anciens serviteurs de
I. Ni cette lettre ni la suivante ne sont de Pierre de Ronsard. Celle-ci est de Loys son père, et a été écrite pendant qu'il était en Espagne au service des fils de François !•' livrés en otage à Charles-Quint.
M. le Grand-Maître est Anne de Montmorency, qui avait succédé dans cette charge à M. de Boisy, mort en 15 19, et qui devint connétable en 1538.
176 Œuvres
vostre maison et qui s'est employé au service des Roys par l'espace de quarante ans : Et davantaige Monsieur qu'il vous plaise faire entendre auxdits sieurs et dame la peine et travail que j'ay soufferte par deçà pour le service de mesdits Sieurs en manière que par vosti^ moyen elle puisse estre recogneue par cy après. Et ce faisant, je vous en seray très tenu et obligé et sera la fin de ma lettre, priant notre Seigneur, Monsieur, qu'il vous doint bonne et longue vie.
De Perdrace le XV' Janvier.
D'ung de vos humbles et obéissants serviteurs cest
RONSART