‹ Œuvres complètes de P. de RonsardChapitre 132 sur 216 · Livre second · texte numérisé non relu

Livre second

Que lors qu'on la respand pour sa terre et pour soy, Au milieu des combats devant les yeux du Roy ! Ne craignez de mourir en gaignant la victoire; La mort de vostre los ne perdra la mémoire. Nôstre Roy qui vous aime y a si bien pourveu, Que vostre beau renom à jamais sera léu Et releu dans mes vers, ausquels ce noble Prince A commis les honneurs de toute sa province, Pour louer les vaillans qui le méritent bien. Et blasmer les couars qui ne méritent rien.

Sus donques que chacun à son fait prenne garde, Ayant un tel flambeau qui si prés vous regarde; Aussi bien en fuyant la mort vous assaudroit^ Et dedans vos maisons mourir il vous faudroit De catherre ou de fièvre, ou par Tire secrette D'un procez mal-vuidé, ou d'une vieille dette, De peste, ou de poison, ou d'un autre meschef. Qui tousjours poursuit l'homme, et luy pend sur le chef.

Là donc, mourez plustost d'un plomb ou d'une lance. Repoussez l'Espagnol des frontières de France, Ouvrez-vous par le fer le beau chemin des cieux. Dieu qui donne courage aux cœurs victorieux.

Ce Dieu qui est le Dieu des camps et des armées, Puisse rendre au combat vos forces animées} La victoire et l'honneur dépendent de sa mam. Car rien ne peut sans luy tout le pouvoir humain.

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