Ce long passage, sauf les cinquante-six vers signalés
{)lus haut, se trouve dans toutes les éditions donséâ par 'auteur. Le tout n'a complètement disparu que dans les éditions posthumes.
2. C'est quand Philippes Auguste ayant vaincu les Flamans amena sur une litière enchaisné Ferrand.
LfVRE SECOND. lli
Il vaudroit beaucoup mieux joyeusement bien vivre, Ou bastir vostre Louvre, ou lire dans un livre, Ou chasser es forests^ que tant vous travailler. Et pour un peu de bien si long temps batailler. Que souhaittez-vous plus? La Fortune est muabie; Vous avez fait de vous mainte preuve honorable. Il suffit, il suffit; il est temps désormais Fouler la guerre aux pieds et n'en parler jamais. Pensez- vous estre Dieu? L'honneur du monde passe : Il faut un jour mourir quelque chose qu'on face ; Et après vôstre mort, rassiez-vous empereur, Vous ne serez non-plus qu'un simple laboureur.
Donc, Sire, puis q^ue Dieu (qui de vostre couronne Et de vous a pris som) Paix, sa fille, vous donne. Présent qu'iî n'avoit fait aux Princes vos ayeux, Gardez-la tousjours bien ; il vous enrichist mieux Que s'il avôit domté par une longue guerre Dessous vostre pouvoir l'Espagne et PAngleterre. Sus donc embrassez-la, et embrassez aussi Cest honneur de Lorraine et de Montmorency, Qui, par divers moyens d'une entreprise sage, iTbnt faite à vostre honneur et à vostre avantage.
Paix fille de Dieu ! qui nous vieils réjouyr Comme l'aube du jour qui fait r'espanouyr Avecoues la rosée une roSe fleurie Que 1 ardeur du soleil avoit rendu' flétrie ; Après la guerre ainsi venant en ce bas lieu, Tu nous as réjouis, ô grand' fille de Dieu I
Chasse je te suppli' la guerre et les querelles Bien loin du bord chrestien dessur les infidèles. Turcs, Parthes^ Mammelus, Scythes et Sarrasins, Et sur ceux qui du Nil sont les proches voisins. Pends nos armes au croc, et en lieu des batailles Attache à des crampons les lances aux murailles, Et que le coutelas au sang humain souillé^ Pendu d'une couraye au fourreau soit rouillé, Et oue te corcelet au plancher se moisisse, Et l'araigne à jamais ses filets y ourdisse.
Donne-nous que celuy qui sera le moyen Entre ces deux grands Roys (*) de rompre le lien, Meure trahy des siens d'une playe cruelle, Et qu'aux champs les mastins luy succent la cervelle; Que ses enfants bannis puissent mourir de faim D^huis en huis, sans trouver qui leur jette du pain.
Donne-nous que celuy qui mettra soin et peine De te faire régner, voye sa maison pleine De faveurs et de biens, et qu'il voye fleurir Ses enfants en honneur avant que de mourir.
Donne-nous tout cela ; donne-nous d'avantage. Afin que le repos n'énerve le courage
vertueux;
Que son esprit s'addonne aux choses d'importance. Et qu'imitant son père il aime la science, Afin qu'au temps de paix il fleurisse en sçavoir Autant qu'il fit en guerre en force et en pouvoir.