‹ Œuvres complètes de P. de RonsardChapitre 15 sur 216 · I. Nostre Roy : c*cst Henry II · texte numérisé non relu

I. Nostre Roy : c*cst Henry II

a. Geste comparaison est tirée de Virgile, au lieu où il parle de la mort de l'un de ces deux grands amis Nisus et Eoryalus.

26 Les Poèmes.

La douceur jointe avec la gravité, (a} Les saintes mœurs, la chasteté de vie, N*ont peu fléchir ny ton sort ny l'envie, Qu'esperons-notts de nostre humanité ?

Le ciel là haut ny sa divinité N'est asseuré, ny toutes ses Déesses, Puis qu'icy bas nos divines Princesses, Qui te devroient aux larmes inviter.

Contre le mat ne peuvent résister.

Tu n'es encore, ô Fortune, contente ; Ta cruauté nostre douleur augmente.

En nous voulant priver de ses beaux yeux, Yeux oui font honte aux estoilles des cieux ; Nous aesrobant ceste beauté divine, Pour la donner aux flots de la marine.

Puisse la mer la terre devenir, Puisse la nef comme un rocher tenir Au bord de l'eau, de peur qu'elle n'emporte Un corps si beau qui nostre âge conforte, Ceste beauté, honneur de nostre temps, Qui rend les Roys et les peuples contens.

Ha, je voudrois. Escosse, que tu peusses Errer ainsi que Déle, et que tu n'eusses Les pieds fermez au profond de la merl

Ha, je voudrois que tu peusses ramer Dessur les flots légère et vagabonde Comme un plongeon va léger dessur l'onde, (b)

a, Var. :

Porter au vice extrême inimitié, La rime de ce vers est plus riche, mais que Pautre est joli I

b, Var. :

Ainsi qiu vole une barque poussée De mainte rame à ses flancs eslancée,

LiVRB PREMIER. TTf

Pour t'enfuïr longue espace devant Le tard vaisseau qui firoit poursuivant, Sans voir jamais surgir à ton rivage La belle Royne à qui tu dois hommage.

Puis elle adonc. qui te suivroit en vain, Refoumeroit en France tout sowiam Pour habiter son duché de Touraine.

Lors de chansons j'aurois la bouche pleine, Et en mes vers si fort je la louVois, Que comme un cygne en chantant je mourrois.

Pour mon object j anrois la beauté d'elle.

Pour mon sujet sa constance immortelle ; Où maintenant la voyant absenter.

Rien que douleur je ne sçauroy chanter.

Sus, Elégie en habit noir vestue.

Monte an plus haut d'une roche pàntue, Cherche les bois des hommes séparez, Fuy-t'en aux lieux qui sont plus esgarez, Et en pleurant à Pentonr des rivières.

Raconte aux vents que je perdy nagueres Une maistresse, une perle de prix, Et une fleur, la fleur des bons esprits.

Une divine et rare Marguerite (*) Qui pour la France en la Savoye habite.

Et maintenant une Royne je pers.

Qui fut l'honneur de France et de mes vers.

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