Livre premier
La marias au fils de nostre Roy, (') Qui depuis tint la France dessous soy.
Puis en Tayant, 6 Fortune insensée!
Jusqu'au sommet des grands honneurs poussée, Tu as occis à seize ans son mary ; Ny plus ny moins qu*en un jardin fleury Meurt un beau lis r) quand la pluye pesante Aggrave en bas sa teste languissante, Ou comme au soir la rose perd couleur, Et meurt seichée, alors que la chaleur Boit son humeur qui la tenoit en vie.
Et fueille à hieille à bas tombe fanie.
Sa belle espouse atteinte de souci, Après sa mort est demeurée ainsi Qu'on voit au bois la vefve tourterelle.
Ayant perdu sa compagne fidelle.
Jamais un autre elle ne veut choisir, Car par la mort est mort tout son désir ; Ny pré ny bois son regret ne console, Et d'arbre en arbre au poinct du jour ne vole; Ains se cachant dedans les lieux secrets, Seulette aux vents raconte ses regrets, Se paist de sable, et sans amy se branche.
En souspirant sur une seiche branche.
Fortune, helas ! ne suffisoit-il pas De Toifenser d'un si piteux trespas, Sans luy remplir si traistrement sa terre D'opinions, de sectes et de guerre?
Bander son peuple aux armes tant prisé Avant qu'il nist par sectes divisé?
Si la fureur de tes mains tant cruelles Ont tel pouvoir sur des choses si belles.
Si la vertu, la bonté, la pitié,