Livre second
Un tel brouillant dessus Paris arrive Quand de ses rais nostre soleil C) nous prive, Et que bien loin il emporte autre part Sa Majesté, qui le jour nous départ, Avec la vostre et celle de son frère (•), Car sans vous deux la sienne n'est pas claire.
Incontinent que le Roy, nostre jour, Nostre soleil, fait ailleurs son séjour, Et que tournant les rayons de sa face Loin de nos yeux, reluit en autre place.
L'hiver nous prend ; lors mille impressions Se font en Tair d'imaginations, Qui d'un grand tour se pourmeinent ensemble, Puis tout le corps en un monceau s'a&semble, Et ce monceau qui foutastique pend Deçà, delà, divisé se respand En cent façons, et se démembre en nues.
Non pas de gresle ou de pUiyes menues.
Neiges, frimats. ou de glace qui perd Le jeune bled aessus le silk>n verd.
L'air imprimé ne respand choses telles Dessus Paris ; mais cent mille nouvelles.
Qui loBt pleuvoir, bruyantes d'un grand son.
Leurs nouveautez en diverse £açon.
A l'impourveu tautost vient une nue, Et ne sçait-on comment elle est venue.
Laquelle espaad que les Huguenots font Un grand amas, et qu'assemblez se sont; Et qu'au synode ils ont conclud de prendre La force en inain, et trompez ne se rendre Sous une paix, qui frivolle retient Que l'évangile en lumière ne vient, Et que bien tost les peuples d'Allemagne Viendront pour eux couvrir nostre campagne,