Henry lll
26o Les Poèmes.
Pareils en nombre aux sablons de la mer, Ou aux flambeaux que Ton voit allumer Aux nuits d'hyver, quand la grand' couverture Du ciel ardant est bien claire et bien pure.
L'autre au contraire après laisse pleuvoir Que la prestrise ardante fait mouvoir Guerre a Genève, et que ja la Savoye Sous son grand Duc en a trassé la voye; Et que le Roy à son âge venu, Les doit froisser comme sablon menu, Les punissant de leurs fautes commises D'avoir pillé son bien et ses églises.
L'autre soudain en cheminant par l'air, Tout en un coup sa charge fait couler, Versant par tout que la partie est forte Des Huguenots et des Romains, de sorte Qu'il ne faut rien remuer des deux parts, Que le profit en viendroit aux soldarts ; eT que le Roy de puissance asseurée A fait l'edit a'eternelle durée ; Que le Papiste à ses messes ira, Le Huguenot du presche jouira.
L'autre fait choir qu'on brasse quelque chose, Dont la menée encore n'est déclose ; Et que bien tost on verra de grands cas.
Puis l'autre au Turc fait avancer le pas, Et va semant que sa grand' cymeterre Doit commander bien tost à nostre terre, Et que pour trop disputer de la foy J
A la parfin nous n'aurons plus de loy. I
L'autre, en ouvrant ses ombres espaissies '
Pleines d'horreur fait choir des prophéties.
Qu'on dit venir du cabinet de Dieu; Cëst qu'au palais il n'y a plus de lieu Pour nostre Prince, et que c'est certain signe
gue de nos Roys prochaine est la ruine; t que la France, après tant de dangers, Doit enrichir les sceptres estrangers ;