‹ Œuvres complètes de P. de RonsardChapitre 161 sur 216 · Livre second · texte numérisé non relu

Livre second

Et que du îys la royalle teinture Des leopars deviendra la pasture.

On dit, alors que le palais fut fait, Qu*un grand devin en son art tres-parfait, Prophétisa qu*aprés un long espace, Quand au palais n'y aura plus de place Pour y dresser Timage de nos Rois, Que tout soudain Tempire des François Seroit destruict^ ou seroit en discorde.

Et qu'à cela Brigide (*) s'y accorde.

Et ceux qui pleins d'un prophétique esprit Avant mille ans de la France ont éscrit.

L'autre en tombant une frayeur distille

8ui fait trembler les peuples de la ville :

"^st que le sang des fidèles vangé Voirra bien tost par armes saccagé Ce grand Paris, comme ville maudite ; Que sa ruine en cent lieux est prédite, Pour le lover d'avoir tant résisté A l'evangife et à la vérité.

L'autre soudain en gouttes se divise, Et va pleurant le tort fait à l'Eglise, Et qu'on voirra nostre sceptre perdu Tant que le bien de Dieu sera vendu ; Et qu'à celuy qui en fit la menée Le ciel appreste une mauvaise année.

L'autre fait choir dessus Paris espais.

Qu'on va jurer plus que devant la paix, Pour assoupir toute querelle esmeue.

Et qu'à Narbonne on doit faire une veue Entre le Roy d'Espagne et nostre Roy ; Et que tous deux, pour soustenir la foy De leurs ayeux, prendront bien tost les armes ;

gu'on voit déjà l'appareil des gendarmes omme à sous-main finement se dresser.

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