C'estoit un Prince huguenot
Et' à ce bruit le peuple, qui se sent Vostre obligé, d'un accord s'y consent.
Quand sur Paris ces nues passagères Ont deschargé leurs nouvelles légères, Le bruit qui vole et revole soudain, Dresse Taureille et ramasse en son sein A pleine main ces nouvelles venues ; Puis au palais, puis par toutes les rues, Par les maisons il les semé à monceaux, Et fait courir mille propos nouveaux Faux, vrais, douteux ; car tantost en Taureille, Tantost bien haut il raconte merveille.
Triste tantost. tantost joyeux et gay Mesle si bien le faux avec le vray,
gue des propos racontez à la troupe Racun en parle, et en disne, et en soupe ; Mesme en ûormant on ne peut retenir L'esorit esmeu de son resouvenir.
Mab vous. Madame (^), à qui la saincte vie Donne l'honneur de surmonter l'envie ;
?ui mesprisez d'un cœur sage et prudent oute fortune et mauvais accident, Dessous vos pieds vous pressez^ ces nouvelles. Pleines de rien, sans vous effrayer d'elles; Et sans avoir ny crainte ny souci Du peuple sot, ny de sa langue aussi.
Marchez, Déesse, au milieu de nos Princes, Revisitant les royalles provinces ; Et d'un œil prompt vos subjets remarquez, Les uns en biens nautement colloquez.
Les autres non; car selon le mérite Vous les traitez d'une faveur petite.
D'une moyenne, ou d'une grande, à fin
gue le caquet au courtisan trop fin, omme importun vostre esprit ne déçoive,