I. C'est la Royne-mere
264 Les Poèmes.
Et que Phonneur (en flatant) ne reçoive Du vertueux, qui a mieux mérité D'estre de vous benignement traité. '
Donc à bon droict, comme mère subtile D*heureux conseil, menez de ville en ville Vostre fils Roy, et luy monstrez combien Au Prince sert de cognoistre son bien ; Le façonnant dés jeunesse aux affaires Qui sont aux Rois propres et nécessaires ; A fin qu'un jour en âge parvenu, Ayant oeaucoup appris et retenu, De son esprit, sans aide de personne, Il puisse seul gouverner sa couronne ; Sans se fier, comme un Roy paresseux Et fai-neant, aux flateurs, ou à ceux Qui de plus prés pendus à ses aureilles, Sans nul effect luy promettent merveilles, Pillant le peuple et ravissant le bien, Comme il leur plaist, quand le Roy n'en sent rien.
Ainsi, Madame, on chante que Cvbelle Aimant son fils d'une amour naturelle.
Son petit fils Jupiter, le tenoit Entre ses bras, et par tout le menoit Voir les citez, les villes et la terre; Puis dans la main luv bailla le tonnerre, Et le poussant jusqu au sommet des cieux.
Pour sa vertu le fit maistre des Dieux.
Ainsi vous deux, après longues années Qui du Destin vous furent ordonnées, Irez au ciel, et comme deux flambeaux Vous reluirez en deux astres nouveaux.
Favorisant d'une heureuse influancc Vos héritiers, les Roy s et vostre France.