Retranché dans l'édition de i J
La magnanimité, la force et la constance, Que cognoistre on ne peut en la prospérité Quand Fortune nous rit ; mais en l'aclversité, Lors que la maladie, ou lors que la tristesse, Ou lors qu'en la prison le lien nous oppresse. Certes, mon Pisseleu, il n*est pas de besoin
Sue l'homme^ soit tousjours délivré de tout soin ; !âis il faut quelauefois qu'à son tour il endure Après un doux plaisir une tristesse dure.
S'il veut bien longuement son estre conserver ; Car qui voudroit tousjours en un poinct se trouver, . Il ne pourroit durer. Telles loix fit Nature Dés le commencement à toute créature.
On ne voit pas tousjours en raesme estât les cieux ; Quelquefois ils sont beaux, quelquefois pluvieux. Après le renouveau vient l'esté, puis l'autonne, L hyver l'autonne suit, puis le printemps redonne. Si donc tout est sujet à se muer souvent.
L'homme qui n'est sinon que fumée et que vent. Comme le Ws du temps, ne doit trouver estrange Si quelquefois d'estat comme son père il change ; Et nous voyons cela, pour mieux nous asseurer Que rien ferme ne peut en ce monde durer.
Quand il nous survient donc une fortune amere, Il la faut prendre ainsi que s'elle estoit prospère, Et ne murmurer point, mais patiens souffrir Tout ce qu'il plaist à Dieu pour présent nous offrir ; Comme tu fais. Prélat, que longue maladie,
Sue playe mal-pansée aux despens de ta vie ^a le cœur esbranlé ny le courage, esgal A souffrir autant bien une joye qu'un mal.
Aussi te souvenant de ceste horrible beste Qui portoit en ses dents la foudre et la tempeste, Laquelle eust bien esté d'Hercule la terreur. Et des bois Marsians l'espouvantable horreur ; Tu prens cœur d'avoir eu la cuisse outrepersée (Puis qu'il falloit ainsi que tu l'eusses blessée) D'un si brave sanglier et non d'un daim craintif.
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Ou de quelque chévreui devant les chiens ftiitîf. Puis quand tu vois aussi qu^une teHe ibr^iiè Avecq tant de héros si vaillâns t'est commune, - Tu la prens plus à gré; car c'est allégement D'avoir des compagnons en un mesme tourment.
L'Abantiade Idmon, grand augure et prophète, Du sainct vouloir des Dieux aux nommes l'interprète, Qui lisoit le futur es cœurs des animaux, Oui entendoit la langue et le vol des oiseaux, vTt d'un coup de sanfflier sa vie terminée.
Et rien ne luy servit la chose devinée; Bien qu'il enst eschappé les rocs Cyanéans Et les cestes plombez des forts Bebrycians, Quand iflsonide alloit avec sa troupe esleue Conquérir la toison de fin or crespelne Qui pendoit prés du Phase, au haut d'un chesne espars Dans un bocage vert, jois^nant le champ de Mars.
Ancée cognut bien quel homicide foodre Porte cest animal, quand il rougist la poudre De Calyde en son sang, voulant contre te gré De Diane tuer le grana pourceau sacré Qu'elle avoit envové, despite, contre Œnée, Lequel ayant cueilly tous les fruits de l'année, Avoit payé la disme à tous les immortels, Ayant mis à mespris Diane et ses autels.
Ulysse qui passa les hommes en faconde.
Qui fut le plus accort et le plus fin du monde, Qui de nuict desroba le sainct Palladion, Et desguisé cognut tous les forts d'Ilion, Fut blessé d'un sanglier de telle cicatrice Qu'il en fut recognu par sa vieille nourrice Après vingt ans passez, un jour en luy lavant Les pieds, lors qu'il estoit profondement rêvant Comme il se vangeroit de 1 amoureuse trope Qui chez luy muguetoit sa femme Pénélope.
Courage donc, Prélat, et mets premièrement Ton espérance en Dieu, et le prie humblement ( Car c'est le Dieu bénin,, lequel jamais n'oublie
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Soit tost OU tard, celuy qui de boo oœur le prie) De t'envoyer santé; au reste pren bon cœur, Et ne laisse fouler ton courage au labeur ; Et par un bon espoir ta fortune soulages, Ayant pour compagnons de si grands personnages.
DISCOURS