‹ Œuvres complètes de P. de RonsardChapitre 185 sur 216 · I. Ce passage a été retranché dans l'édition dç · texte numérisé non relu

I. Ce passage a été retranché dans l'édition dç

Tu vaus trop plus en médecine, Qu*herbe, qu'onguent, ny que racine; ET ton fiel en quelque saison Donne au malade guarison.

Tu vaus contre le mal d*Hercule, Ton gésier les venins recule De ceux qu'empoisonner on veut ; Ta langue charmeresse peut ' Faire conter à la pucelle Les propos que veut sçavoir d'elle Le jeune amant qui la poursuit, La luy pendant au col de nuit.

Bref, que diray-je plus? Ta vie N'est comme la nostre asservie A la langueur du temps malin; Car bien-tost en l'eau tu prens fin, Et nous trainons nos destinées Quelquefois quatre-vingts années, Et cent années quelquefois, Et tu ne dures que six mois Franche du temps, et de la peine A laquelle la cent humaine Est endebtée aés le jour Qu'elle entre en ce commun séjour.

Mais le don de ne vivre guiere.

Tu le dois à la singulière Bonté du ciel, qui ne fait pas Tels dons à tous ceux d'icy bas; [Car tu l'eus pour la recompense (*) De la soudaine diligence Que tu feis d'esveilTer les Dieux

Suand les Geans séditieux, echante race Titanine, Escheloient la maison divine.

L'un Pinde sur le dos portoit,

I . Toute la fin de la pièce, à partir de ce vers, se trouve pour la dernière fois dans l'édition de ijy^.

3i8 Le Recueil

Sur Pautrc Pelkm estoit, Et l'autre son eschine grosse Courboit d'ahan sous le mont d'Osse.

Ja se fiant en leurs œnt bras Tenoient les cieux, et pas à pas Ja de nuit entroient en la salie, Où dedans sa chambre royale Jupiter de somme tout plein De sa femme embrassoit le sein ; Chetify qui n'avoit devinée A son besoin sa destinée.

Sur le haut d'Olympe branchu Estoit un vieil marais jonchu, Des Grenouilles douce demeure.

Elles qui sentirent à l'heure De minuit le mont s'esbranler, Firent un grand bruit pamy l'air, Et leur coacer redoublèrent Si fort que les Dieux s'esveiUerent Tous en sursaut. Ainsi par vow Les Geans accablez de coups, My-morts, pottr leur tombe recenrent Les monts dessous lesquds tb chetreot, L'uD deçà et l'autre detit ; Car l'un renversé s'en alla Dessous i^thne, et l'autre en Pabysme Du mont enflammé d'Enarime.

Or si queiija'un doit recevoir Quelque salaire pour avoir IJun autre chanté la louange, Octroye-moy pour contre-échange De mes vers, un présent nouveau Aux premiers mois du renouveau :

C'est que ta voix un petit rude N'approche jamais de l'estude Ni du lict de mon cher Belleau.

Ainsy, GrenpuiHe,, ainsy dans l'eau Le héron becu ne te grippe,

Et le brochet dedans sa trippe Jamais ne te puisse enfouir, Et tqusjours puisses-tu fiiïr La pièce rouge hameçonnée, Et jamais le sale hymenée Du crapaud de venin couvert Ne puisse souiller ton dos vert.j

Page 1