L'ALOUETTE
Hé Die« ! que je porte d'envie Aux plaisirs de ta douce vie.
Alouette, qui de l'amour Caquettes dés le poinct du jour, Lorsque des aisks tu secoues La rosée quand tu te joues! {a} Devant que Phœbus soit levé Tu enlevés ton corps lavé Pour ressuyer prés de la nue, Trémoussant d une aile menue; En te sourdant à petits bons.
Tu dis en Tair de si doux sons Composez de ta tirelire, Qu'il n'est amant qui fie désire, fôyant chanter au renouveau, * Comme toy devenir oyseau.
Puis quand tu t'es bien eslancée.
Tu tombes, comme une fiisée Qu'une jeune pucelle au soir De sa quenouille laisse choir.
Quand au fouyer elle sommeille, Penchant à front baissé l'oreitte; (^>
a, Var. (i$78) :
Secouant en l'air la rosée
Dora ta plume est toute arrousà!
b. var. (1578) :
Frappant son sein de son oreille;
ET Epigrammes. ^49
Ou bien quand en filant le jour
Voit celuv oui luy idt ramoor
Venir près d'elle à Timpourveue^
De honte elle abbaisse la vcue.
Et son tors fuseau délié
Loin de sa main roule à son pié.
Ainsi tu fonds, biob alouette^
Ma doucelette miguonnette,
Alouette que j'aime mieitx
Que tous .oiseaux qui sont aux de«x. (a)
vu vis sans ofienser personne; Ton bec innocent ne moissoiioe Le froment, comme ces oiseaux Qui font aux hommes mille manx, Soit que le bled ron^est en herbe, Ou soit qu'ib l'égrament en gerbe; Mais tu vis par ks sillons vers I>e petits fourmis et de vers ; Ou d'une mouche ou d'une achée Tu portes aux tiens la becbèe.
Ou d'une cheniHe aui»$ort Des feuilles quand l'hiver est ncrt. {b)
Et pource â grand tort les poêles Vous accusent, vous, akmëttes, D'avoir vostre père hay Jadis jusqu'à l'avoir trahy^ Coupant de sa teste royale La blonde perruque fetale,