D'ANACREON
£b>(iaTa itoXkà xpéçeiv.
Veux-tu sçavoir quelle voye L'homme à pauvreté convoyé?
Eslever trop de palais.
Et nourrir trop de valets.
d'automedON.
AUX créanciers ne devoir rien, Est par sus tous le premier bien; Le second, n'estre en mariage; Et le tiers, vivre sans lignage.
Mais si un fol se veut lier Sous Hymenée, il doit prier
ET EpIORAMMES. 405
Qu'argent receu, dessous la lame Le jour mesme «iterre sa femme.
Celuy qui cognoist bien cecy Vit sagement, et n*a soucy Des atomes, ny s* Epicure Cherche du vuide en la nature.
L'homme une fois marié.
Qui lié Se revoit par mariage.
Par deux fois se vient ranger
Au danger.
Sauvé du premier naufrage.
Elxà)v ^ ZéÇxov iieyetâ.
'image de Thomas médite quelque chose, «Et Thomas au parquet se taist à bouche close; L'image est advocat à voir son parlant trait, Et Thomas n'est sinon pourtrait de son pourtrait.
DE PALLADAS.
El TÔ Tpéçeiv wcoywva.
Si nourrir grand* barbe au menton .
Nous fait philosophes paroistre, Un bouc barbasse pourroit estre Par ce moyen quelque Platon.
4o6 Gaye^tez
d'ammian.
Tu pAissâ «stfe téfi )>lns sage Pour porter grand* barbe au visage; Et pource, à l'entour de ta bouche Tu nourris un grand chasse-mouche ; Si tu m*en crois jette-l' à bas :
La grand' barbe n'en^dre pas Les sciences plus excellentes, Mais des morpions et des leates.
(ts^o.)
DE NICARGHE.
Ek P62ov «l Tov ^o6v «X'^t Ttç.
O uekun voulant à Rhodes navigcr, ^Vij^ Aitts qu'entreprendre un si long navigage, Pour s'tnquerir s'il auroit bon voyage^ Il vint d'Olymp' le prestre interroger.
Il luy respond : « Monte dans un vaisseau
aui soit tout vuide. et par Thyver ne pousse, iis en esté, quand la saison est douce, Hors de son port ton navire sur l'eau :
Si tu parfais ce que ma voix t*apprend, A Rhode iras sur les flots de Neptune, A seureté, j'enten si de fortune Quelque pirate en ia mer ne te prend.. »
Au livra de FokstrUs (i S84)-
DU MESME
X(w<rè itàtep icoXaxtov.
Jmere des flatteurs, richesse, FiHe du soin et de tristesse, T'avoir est une grande peur, Et ne t'avoir, grande douleur.
D\5 MËSME. nop€^ èwwctefvsi TCO»»©;.
Le pet qui ne peut sortir A maints la mort fait sentir, Et le pet de son chant donne La vie à mainte personne :
Si donc un pet est si fort Qu'il sonne, ou donne la mort, D^n pet la force est égale A la puissance royale.
Au Uvret de Folastries (1 S84)-
DE LUCIL.
Pif^oc êxttw totowTW.
A yant tel crochet de naseaux, APuy les fontaines et les eaux, Et ne te mires en leur bord.
Si ton visage tu mirois.
Comme Narcisse tu mourrois, Te haïssant jusqu'à la mort.
(iS^o.)
4o8 Gayetez
Berteau le pescheur s*est noyé En sa nacelle poissonnière, Dont le bois fut tout employé A faire les aiz de sa bière; De Charon la main nautonniere Ne prit argent de ce Berteau, Comme ayant passé la rivière Des morts en son propre bateau.
DE SAPPHON.
Aédvxe |&èv à otXàva.
Ja la lune s'est couchée, La poussiniere est cachée, Et ja la mi*nuict brunette Vers Taurore s'est panchéc, Et je dors au lict seulette.