TRADUCTION DE QUELQUES EPIGRAMMRS GRECS
SUR LA GEMISSE D^AIRAIN DE MYRQN,
BXCBLLBMIIBKT WBN GRAVEE.
A MARC ANTOINE DE MURéT.
Pasteur, il ne faut que tu viennes Amener tes vaches icy.
De peur qu'au soir avec les tiennes
Amener tes vaches ic; peur qu'au soir avec Tu ne remmenés ceste-cy
Je n'av de vache la figure ; Mais Myron. m'attachant, me mit Dessus ce pilier, par despit Que j'avois mange sa pasture.
Je suis la vache de Myron, Bouvier, et non pas feinte image ; Pique mes flancs d'un aiguillon, Et me mesnes en labourage.
ET EPIORAMfilES. 403
Pourquojr, Myro», m'as-to fait stable Sur ce pilier? ne veux-tu pas Me descendre et mener Là>Da& Avec les ai;itres en TestaWe?
Si un veau m'avise, il cri'ra ;
Si un taureau, il m'aimera;
Et si c'est un pasteur cbampestre,
Aux champs me voudra mener paistrç.
Bien aue sur ce pilier je sois Par Myron en airain pourtraite, Comme les bœufs je mugîrois S'il m'avoit une langue faite.
Un tan, en voyant la figure De ceste vache, fut moqué :
« Je n'ay jamais, dit-il, piqué Vache qui eust la peau si dure. »
Icy Myron me tient serrée :
Sur moy frappent les pastoureaux^ Cuidans que \e sois demeurée Après le reste des taureaux.
Veau, pourquoy viens- tu sêulet Sous mon v^tre pour teter?
L'art ne m'a voulu prester Dans les mammeties eu lait.
PQurquoy est-ce que tu m'enserfes, Myron, sur ce pilier taillé?
Si tu m'eusses un joug baillé,, Je t'eusse laboiuré^ t^ teirres.
^04 Gayetez
Pourveu qu'on ne mette la main Sur mon dos, quoy qu'on me regarde De prés ou de loin, on n'a garde De dire que je sois d'airain.
Si Myron mes pieds ne détache, Dessus ce pilier je mourray ; S'il les détache, je courray Par les fleurs, comme une autre vache.
(is6o.)