Ces deux derniers vers ont été ajoutés en
2. Jean de la Pcruse, poète excellent du temps de Ronsard. Ce jeune esprit mourut d'amour. Il fit la Medée et des Odes pindariques. (M.)
On ignore généralement que la maîtresse qu'il a célébrée sous le nom de V Admirée se nommoit Catherine Cottel. Voir dans ses Poésies un sonnet aaostiche à C. C. ( P. B.)
44 Les Poèmes.
Non sans labeur j'entrepris si grand' chose , Mais le destin qui tout en tous dispose, M'y avoit tant ains que naistre adonné.
Qu'en peu de jours je me yy façonné.
Par deux chemins suivant la vieille trace Des premiers pas de Pindare et d'Horace.
Presque d'un temps le mesme esprit divin Dessommeilla du Bellav l'Angevin, Qui bravement sur la lyre d'yvoire Chanta guerrier de nos Princes la gloire ; (a) Puis amoureux, d'un pouce tremblotant Poussa le luth à voix douce chantant Les passions que sa cruelle dame Trop chastement luy gravoit dedans l'ame.
Après Tyard, amoureux comme luy, D un autre vers souspira son ennuy. {b) Qui jusqu'à l'os consumoit sa mouelle Pour les beaux yeux d'une dame cruelle.
Comme ces deux de mesme flèche atteint, Quittant ma lyre helas ! je fu contraint Dessus le luth autres chansons apprendre.
Pensant fléchir l'orgueil de ma Cassandre, Mais pour-neant ; car mes chansons n'ont pea Ny l'enfiamer, nv englacer mon feu.
Après Baïf, d une flèche plus douce Espoint au cœur, mignarda de son pouce Des jouissans les baisers savoureux, Et de la nuict les combats amoureux;
a. Var. :
Acqiùt en France une éternelle gloire;
b. Var. :
Long temps devant, d'un ton plus haut qm luy, Tyard chanta son amoureux ennuy.