SONNET
ncores que la mer de bien loin nous sépare , fêi est-ce que Tesclair de vostre beau soleil, |De vostre œil qui n'a point au monde de pareil,
{Jamais loin de mon cœur par le temps ne s*é-
Royne (•), qui enfermez une Royne si rare, [gare. Adoucissez votre ire et changez de conseil ;
I. La plus belle Princessequifiist jamais, MarieStttart,vefve de François II et mère de Jacques, Roy de la grande Bretaigne. Elle cherissoit grandement nostre poète, et Testimoit
2. Elisabeth, Royne d'AngUtene, qui la detenoit en ce temps-là prisonnière.
lo Les Poèmes.
Le soleil se levant et allant au sommeil '^
Ne voit point en la terre un acte si barbare.
Peuples, vous forlignez, aux armes nonchalants, De vos ayeux Renaulds. Lancelots et Rolands, {*) Qui prenoientd*un grand cœur pour les dames querelle,
Les gardoient. les sauvoient, où vous n*avez, Fran- Encore osé toucner ny vestir le harnois [çois,
Pour oster de servage une Royne si belle.
REGRET
A ELLE-MESME. (2
Le jour que vostre voile aux vagues se courba, Et de nos yeux pleurans les vostres desroba, Ce jour la mesme voile emporta loin de France Les Muses qui souloient y faire demeurance.
Quand l'heureuse Fortune icy vous arrestoit, Et le sceptre françois entre vos mains estoit. (*)
Depuis, nostre Parnasse est devenu stérile.
Sa source maintenant d'une bourbe distile.
Son laurier est séché, son lierre est destruit. Et sa croupe jumelle est ceinte d'une nuict.
Les Muses en pleurant ont laissé nos montaignes. Que pourroient plus chanter ces neuf belles compaignes,
1 . Roland estoit proche parent de Charleniaigne , dont ceux de qui Ronsarcl tance la négligence descendent. (M.) Ce sont les Guises. (P. B.)
2. Ronsard envoya ceste pièce à ceste grande Princesse, un peu après qu'elle se fust retirée en Escosse.
^. Quand elle estoit avec François il.