‹ Œuvres complètes de P. de RonsardChapitre 33 sur 216 · Livre premier · texte numérisé non relu

Livre premier

Orion inventa les meutes et les lesses, {*) Et Tart de bien brosser par les forests espesses ; Puis mille sont venus lesquels ont augmenté Le bel art de chasser par les Grecs inventé.

Ils n'ont pas seulement inventé Tart de faire Par cent mille couleurs leurs beaux chevaux pourtraire Au ventre des jumens, mais ils ont eu souci De pourtraire leurs chiens ains que de naistre aussi. Puis d'un esprit sagace ils ont eu cognoissance Des bons et des mauvais, du poinct de leur naissance; Ils ont choisi ceux-là dont le mufle est camus, Les yeux ardans et noirs, le sourcil par-dessus S'avallant renfrongné, une teste petite, Une aureille pendante, une gueule despite.

Les dents comme une scie, un col petit, le dos Long, large, bien fourny ae peau, de cnair et d'os^ L'estomac rond et. fort, et la jamoe derrière Plus longuette un petit que la jambe première, La queue déliée , et bref quand tout le corps Estoit ferme planté sur membres beaux et forts. Puis ils les ont nommez dés leur jeunesse tendre De noms aigus et courts, pour soudain les entendre, Pamphag, Lelap, Melamp^ Oribat, Aïstaut, Hyle, Lachne. Agriod, Thoin, Asuol, Arpaut, Icnnobat, Hylastor, et de mainte autre sorte Selon que le langage en divers lieux le porte.

Mais qui est le mortel, eust-il la voix d'airain Et la langue de fer, qui conteroit à plein Des chasseurs dévoyez les cours et les traverses. Et les divers plaisirs de leurs chasses diverses? Cduy qui les diroit, diroit encore mieux Tous les flots de l'Egée et les astres des cieux.

L'un avecques les rets enveloppe une beste.

L'autre à dens de lévrier ensanglante sa queste; L'un avec le vautret accule le sangler.

Et l'autre fait les ours aux dogues estrangler ;

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