I. Tapy contre une motte
52 Les Poèmes.
Aussi les demi-Dieux, comme Hercule et Thésée. Allans en quelque emprise ou longue ou mal-aisée, S'accompagnoientdecniens, qui mieux aimoient mourir, Qu'au besoin leurs seigneurs, hardis, ne secourir,
Ulysse après vingt ans incognu de sa trope, De son fils Telemach et de sa Pénélope, Fut cogneu de son chien. Les chiens ont quelquefois (Le croye qui voudra) parlé d'humaine vois; Et les Egyptiens admirans leur nature.
Ont adore leurs Dieux sous chiennine figure.
Ç^e diray plus. Brinon ? certes on ne voit riens Qui ne se tienne ner d'avoir chez luy des chiens ; Le ciel en est gamy, la mer en est garnie.
L'enfer en est fourni^ la terre en est fournie. Les hommes villageois ne dormiroient de nuit Asseurez sans leurs chiens, et le pasteur qui suit Les lieux vuides de gens, seroit tousjours en crainte Que le loup de ses bœufis n'eust la maschoire teinte. Les dames sans tenir es mains un petit chien N'auroient en devisant ny grâce ny maintien, Et sans luy n'eussions veu la soye cramoisie.
On dit qu'Hercule un jour en allant voir s'amie < Dont Tyre estoit le nom ) menoit pour compagnon Derrière ses talons un grand lévrier mignon.
En passant par un mont le chien au nez habile Sentit une porphyre errante en sa coquille.
Ayant le corps tiré de la mesme façon Qu'on voit sur le printemps errer un limaçon. Qui porte sa maison et monstre toute nuê Son eschine en glissant sur l'herbette menue; Lors le chien anamé la porphyre mâcha, Et de son sang vermeil le muffle s'en tacha.
A peine Hercule fut dans la maison de Tyre Qu'elle avisa le chien, et tout soudain désire D^âvoir en nouveau don un vestement pareil Au sang, duquel le chien a voit le nez vermeil. Ou aue jamais au lict n'embrasseroit Alcide.
Aicide obéissant soudain retourne bride.