Livre premier
Lequel est digne d*eslre admiré d'ayantage^ Ou la brutalité du chiea qui est si sage, Ou la dextérité du chasseur inventif, Oui façonne le chien si sage et si craintif?
Vous diriez à ie voir et qu'il est raisonnable, Et qu'il a jugement, tant il est admirable En son mesUer appris, et accort à flairer Les perdris, et les faire ien crainte demeurer.
En quatre coups de nez il évente une plaine, Et ffuiaé lie son ilair â petits pas se traine Le iront droit au gibier, puis la jambe élevant Et roidissant la qikeue, et s'alipngeant devant Se tient ferme planté, tant qu'il voye la place Et le gibier motte <*) couvert de la tirace.
Mais par-sus tous les chiens à telle chasse appris, Ton chien donné, Brinon, doit emporter le pris. Et croy qu'il soit sorti de la race ratale De œux que donna Pan sur le mont de Meoale A la jeune Artenns, pour ne chasser en vain Au mont Parrhasien les cerfs aux pies d'airain. Il surmonte en beauté, en force et en vistesse Le lévrier de Cephal, qui par divine addresse Surmonta toute Deste. et qui ne peut en fin.
En marbre transformé, surmonter son destin.
Qui le surmonteront, nuand l'homme raisonnable Et luy-mesme donté au destin indomptable?
Apollon de ses vers seroit trop libéral A celuy qui diroit des chiens en gênerai La force et la vertu, et combien de louanges Ils ont jadis receu par les terres estranges. On les souloit ranger at^ combat les prenùers Comme hardis de cœur, et fidèles guerriers; Et faisoient bien souvent sans nulle autre poursuite Tourner les ennemis à leur maison en fuite.
Nul ne sçauroit conter t^elle fidélité Ils ont envers leur maiistre à ta nécessité.