‹ Œuvres complètes de P. de RonsardChapitre 38 sur 216 · Livre premier · texte numérisé non relu

Livre premier

guant à Pallas oui sort de la cervelle, "(Bst de l'esprit rœuvre toute nouvelle Que le penser luy a fait conœvoir ; Les Muses sont l*estude et le sçavoir.

Or mon cerveau qui le labeur desdaigne, Ëstoit en friche et devenu brehaigne, Stérile et vain, ou soit qu'il fiist lassé De trop d'enfans conceus au temps passé, Soit qu'il cherchast le repos solitaire; Il m'asseuroit de jamais plus ne faire Rime, ny vers, ny prose, ny escrit.

Voulant sans soin vivre comme un esprit {a)

Mais aussi tost qu'aux bords de la Garonne Je te cognu, d'une nature bonne, Courtois, honneste, hospital, libéral, Toutes vertus ayant en gênerai ; Soudain au cœur il me prit une envie De te chanter, à fin qu'après ta vie Le peuple sceust que tes Grâces ont eu Un chantre tel^ ami de ta vertu, Pour ne souifnr que tant de vertus tiennes Cheussent là bas aux rives Stygiennes Sans nul honneur, et qu'une mesme nuit Pressast ta vie et ton nom et ton bruit.

Rien, mon Belot, n'y sert la grand' despense. Les despensiers em-boufis de boubancé Veulent gaigner par un art somptueux Ou par banquets, par vins tumultueux, La gloire humaine, et abusez se trompent, Et par le trop eux-mesmes se corrompent, [Sans acquérir un chantre de renom, Qui sans banquet peut célébrer leur nom Par amitié, non, Ôelot, pour leur table.

Pour vin exquis, ni pour mets ddectable.]

a. Var. :

Donnant repos à mon fantasque esprit.

S8 LiBS POEMKS.

Car auJQurd'huy chacun sçait s^ionent Que vaut le diou, et vivre sobreme&t; Ainsi que toy qui des chantres la. grâce Gaignes amy, non par la soupe grasse^ Mais par Khonneur que courtois tu leur fiis.; Pourcé à Tenvy sont chantres de tes. fais.

Par quel escrlt faut-il ont je commence Pour envoyer des Muses la semence, J'entens mes vers, par toute Europe, afb Que ton renom survive après ta fin?

ra face semble et tes yeux solitaires A ces vaisseaux, de nos. apoticaires, Qui par dessus rudement sont pourtraks [rhommes et Dieux à plaisirs contrefaits, D'une Junon en Tair des vents soufflée, D'une Pallas qui voit sa joue enflée, Se courrouçant contre son chalumeau, Que par despit die jette dans Teau, {a} D^un Marsyas despouillé de ses veines; Et toutefois leurs Caissettes sont pleines D'ambre, civette et de musq' odorant, Manne, rubarbe, aloés secourant L'estomach foible, et neantmoins il semble, Voyant à Pœil ces imaces ensemble.

Que le dedans soit semolahle au denors.

rel fiit Socrate, et toutefois alors En front severe, en œil melancholique^ Estoit l'honneur de la chose publique, Qui rien dehors, mais au dedans portoit La saincte humeur dont Platon s'allaittoit^ Alcibiade, et mille dont la vie Se corrigea par la philosophie.

Que du haut ciel aux villes il logea,

a. Var. :

Et d'un Bacchus assis sur un tonneau,

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