‹ Œuvres complètes de P. de RonsardChapitre 39 sur 216 · Livre: premiiîk · texte numérisé non relu

Livre: premiiîk

Reprint le peuple et les i»aeiin; corrigea,.

Et le sçavoir (ju'oft preschoit aux escoles, Du cours du ael, de l'assiette de& pôles, - De nous prédire et le mal et le bien, Et d'embrasser le monde en un lien.

II eschangea ces discours inutiles Au règlement des dtsz et des villes.

Et, sage, fit la oontemplatxoa Et l'œuvre vain tomber en af^on.

Pource à grand tort les ^eux du premier âge Ont liant Minos s'asseoir au baaquetage De Jupiter, ou biea son Êunilier, Qui par neuf ans d'un pjropos coustumien Parloit à luy, ou fsst sur la montaijiiif Du haut Olyaiipe, ou sur (de qui baigne De cent ruisseaux les larges, cbamps Cretois, Comme Fautre ide arrouse les PhrygeoisL Ah ! ils dévoient non pas un Minos prendre Pour précepteur, mais un Socrate attendre Pour oien r^ir les villes par la loy i Et toutefois H estoit comme toy De front austère et de triste visage, Au reste ga^r, docte^ prudent et sage.

Celuv qui voit ton front un peu pensif.

Pense rerôrit comme le oofps massaf, Et ton dedans il juge par la montre Qui morne et lente et pensive se montre Suivant ton estre, ou ton astre fatal ; Mais il se trompe et te juge tres-mal.

[Car quaf^d tu v«ux refreschir la mémoire Des plus sçavants, ou soit par une histoire Des vieux Romains ou des preimers Grégeois, Ou par le& faits, propres à nos Fraaçois; Ou quand ta veux parler des. Républiques^ Du manîment des Estats fiolitiques.

Comme m grand Roy, sak en gverre ou es paix, Doibt gouverner soy»mesme ou ses subject^ Ou quand^ tu veux: parier de la justice

6o Les Poèmes.

Et de la loy pédagogue du vice,

Ou quand tu veux monter iusoues aux cieux

Et discourir des astres et clés Dieux,

Ou à propos de quelaue autre science ;

Lors de ta voix distille i'eioquence.

Un vray Socrate. et ton docte parler

Fait le doux miel de tes lèvres couler,

Monstrant au ciel la vertu qui f enflame,

Ayant caché au plus profond de Pâme

Je ne sçay quoy de rare et pretieux

Qui n'apparoist du premier coup aux yeux.

Car dans ton vase abondant tu recelés Dix mille odeurs estranges et nouvelles, Si qu'en parlant tu donnes assez foy Combien ton âme est généreuse en toy, Par la vertu de ta langue, qui pousse Un hameçon aux cœurs, tant elle est douce.

Encor que Rome, au temps de Mœcenas, De Pollio, vist son siede tout las Et tout sanglant de discordes civiles, De factions, d'embrasements de villes, Et toutes fovs le bonheur la suiyoit D'autant qu alors un Mœcene vivoit, Un Pollio, un Messale, un Auguste Prince guerrier ensemble et Prmce juste.

Qui balança d'un équitable poids Icy la loy et de là le hamois.

Et le grand Nil fist couler soubs l'empire,

Sui par sept huis dedans la mer se vire; n dont la source aux hommes n'apparoist Et qui sans pluve en abondance croist Aux plus chauds mois et d'une eau limonneuse Rend à foison l'^^gypte bienheureuse.

Ainsy ce siècle à bon droit sera dit Heureux d'autant que mon Belot y vit.

Dont la maison aux Muses est ouverte, Et dont la place à la foule est couverte Des pas de ceux qui reviennent ou vont

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