‹ Œuvres complètes de P. de RonsardChapitre 84 sur 216 · I. Gcryon · texte numérisé non relu

I. Gcryon

i;4 Les Poèmes.

Et sa massue, amie de son flanc, Des fiers tyrans se rougissoit de sang.

bon Hercule ! ayant couvert l'eschine Du faix velu d'une peau léonine, Terrible à voir pour ses ongles crochus Et ses sourdls horriblement fourchus, L*arc en la main, esloigné de tes tropes.

Seul tu vins voir les terres des Dryopes, Comme Terreur de tes pieds te portoit.

Ou bien ainsi que ton aestin estoit.

On dit qu'aux champs rencontrant Theodame Qui labouroit. tu luy ravis sa femme.

Forças son fils, et luy mangeas ses bœufe.

Ce sont des faits que croire je ne veux ; Car un vengeur comme toy de malices, Ne honnit point son nom de tant de vices.

Mais de ton temps les chantres ont menti.

Qui tes vertus en blasme ont converti, ET, par beaux vers, faussement diffamée De tous costez ta bonne renommée.

Or quant au poinct du Roy Theodamas, Et de ses bœufs qui estoient gros et gras.

Tu leur appris du bout de ta massue D'ouvrir la terre et trainer la charrue, Et le collier tout un jour soustenir.

De gras les fis bien maigres devenir; Voila pourquoy la tourbe estant trompée, Disoit qu'aux oceufis la gor^ avois coup^.

Tué leur Roy, que tu rendis meiHeur Ou'auparavant, travaillant laboureur, S^mmaigrissant et suant sous la peine De cultiver ses vignes et sa plaine.

Autant en est aHylas, son jeune fils,

gue de grossier habile homme tu fis, n le forçant et contraignant d'apprendre Toutes vertus dés sa jeunesse tendre.

Or aussi tost qu'en la prime saison La Renommée eut semé que Jason

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