Livre prémihr. i^cj
Uti wribre knt par petite secousse Erroit dessus, ainsi que le vent pousse, Pousse et repousse, et pousse sur les eaut ' - L entrelassure ombreuse des rameaux.
Là mainte source en bouillons sablonneuse^' Faisant jaillir mainte conque perleuse, Peindoit les bords de passemens divers, De gravois gris, rouges, jaunes et pers.
Là carolloient à tresses décoilées De main à main les Nymphes et les Fées, Foulant du pied les herbes d'alentour.
Puis dessous Teau se cachoient tout le jour.
La belle Herbine C) au haut de Fonde assise, Voyant Tenfant,- soudain en fut esprise.
Et se plongeant à chef-baisse le front. Alla trouver Printine au plus profond : .
« Royne des eaux, ma maistresse honorée, J ay veu là haut sur la rive voiréc Un jeune enfent, par qui seroient vaincus De gaillardise Apollon et Bacchus.
Venez-le voir, vous verrez une face De qui le trait les Déesses menace, Et qui plus est, un crespelu coton Ne fait gue poindre autour de son mentoA. »
Printine adonc gui s'estoit amusée A retourner les plis d'une fusée.
Laissa quenouiHe et filet tout soudain.
Et le fuseau luy tomba de la main.
Venus adonq luy darde une sagette De celles-là ou'aux Nymphes elle jette, * Et^ux çrands Dieux qu'elle fait langoureux, Quand des mortels deviennent amoureux.
Quittant du ciel les régions seraines Pour estre fable à nos femmes humaines, Et déguiser d'habillement nouveau Leurs corps changez en cygne ou en taureau.