‹ Œuvres complètes de P. de RonsardChapitre 88 sur 216 · I . Ces noms de Nymphes sont de l'invention de Ronsard · texte numérisé non relu

I . Ces noms de Nymphes sont de l'invention de Ronsard

140 Les Poèmes.

Prés de la Nymphe, au plus profond des ondes, Estoit Antrine aux belles tresses blondes, Et Azurine aux tetins descouverts, Verdine, Ondine, et Bordine aux yeux vers.

L'une des deux estoit encor pucelle.

Et l'autre avoit du laict en la mammeile, Et de Lucine en la fleur de ses ans Avoit senti les traits doux et cuisans,

?m devidoient les toisons Tyriennes eintes au sang des huystres Indiennes.

Incontinent tout ouvrage laissé, Nagent sur Peau, où d'un œil abaissé Voyent Tenfant, qui de couleur ressemble A ces blancs lis qu'une amoureuse assemble Avec la rose, ou au teint de l'œillet Qui va naceant sur la blancheur du lait.

Tandis Hylas de la gauche s'appuye Dessus le bord, de l'autre tient la buve, Qu'à front panché laissa tomber en 1 eau.

I?êau qui s engouffre au ventre du vaisseau Fit un grand bruit : en cependant Printine, Ardente au cœur d une telle rapine, Sa cauche main finement approcha.

Et ae l'enfant le col elle accrocha ; Coup dessus coup le baise et le rebaise En Pattirant, à m que plus à l'aise Sa pesanteur Pemportast contre-bas; Puis de la dextre elle happe le bras Dont il tenoit le vaisseau, et s'efforce De le tirer sous Ponde à toute force.

Hylas crioit et resistoit ^n vain ; Dedans le gouffre il tomba tout soudain Pied -contre-mont, comme on voit par le vuide Tomber du ciel une flame liquide Toute d'un coup dans la mer, pour signal Que la navire est sauve de tout mal ; Lors le patron oui recognoist Pestoille, Aux matelots siiie qu'on face voile :

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