‹ Œuvres complètes de P. J. de Béranger: contenant les dix chansons nouvelles (volume 2)Chapitre 128 sur 177 · LA RESTAUHAT10N DE LA CHANSON · texte numérisé non relu

LA RESTAUHAT10N DE LA CHANSON

Janvier 4834.

Aib : J'arrive à pied de province.

Oui, chai) son, Muse ma fille,

J'ai déclaré net Qu'avec Charle et sa famille

On te détrônait 55 .

Mais chaque loi qu'on nous donne

Te rappelle ici.

Chanson, reprends ta coiironnt'.

— Messieurs, grand merci !

Je croyais qu on allait faire

Du grand et du neuf; Même étendre un peu la sphère

De Quatre-vingt-neuf.

Mais point! on rebadigeonne

Un trône noirci.

Chanson, reprends ta couronne.

— Messieurs, grand merci !

Depuis les jours de décembre 50 ,

Vois, pour se grandir, La Chambre vanter la Chambre;

La Chambre applaudir.

A se prouver qu'elle est bonne

Elle a réussi.

Chanson, reprends ta couronne.

r. ii. -2G

Soi «;i1anso&s

— Messieurs, grand merci !

Basse-cour des ministères Qu'en France on honnit,

Nos chapons héréditaires Sauveront leur nid 5 \

Les petits que Dieu leur donne Y pondront aussi.

Chanson, reprends ta couronne.

— Messieurs, grand merci 1

Gloire à la garde civique,

Piédestal des lois!

Qui maintient la paix publique,

Peut venger nos droits.

Là-haut, quelqu'un, je soupçonne,

En a du souci* Chanson, reprends ta couronne.

— Messieurs, grand merci !

La planète doctrinaire

Qui sur Gand brillait Veut servir de luminaire

Aux gens de Juillet.

Fi d'un froid soleil d'automne,

De brume obscurci!

Chanson» reprends ta couronne.

— Messieurs» grand merci !

Nos ministres, qu'on peut mettre

Tous au même point.

Voudraient que le baromètre^

I>i: BKliANGKH. 3ÔT.

Ne variât point.

Pour peu que là-bas il tonne.

On se signe ici. Chanson, reprends ta couronne,

— Messieurs, grand merci !

Four être en état de grâce,

Que de grands peureux Ont soin de laisser en place

Les hommes verreux!

Si Ton ne touche à personne,

C'est afin que si...

Chanson, reprends ta couronne.

— Messieurs, grand merci !

Te voilà donc restaurée,

Chanson, mes amours.

Tricolore et sans livrée

Montre-toi toujours.

Ne crains plus qu'on t'emprisonne.

Du moins à Poissy.

Chanson, reprends ta couronne.

— Messieurs, grand merci ï

Mais pourtant laisse en jachère

Mon sol fatigué.

Mes jeunes rivaux, ma chère.

Ont un ciel si gai !

Chez eux la rose foisonne.

Chez moi, le souci.

Chanson, reprends ta couronne.

— Messieurs, grand merci !

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