LA RESTAUHAT10N DE LA CHANSON
Janvier 4834.
Aib : J'arrive à pied de province.
Oui, chai) son, Muse ma fille,
J'ai déclaré net Qu'avec Charle et sa famille
On te détrônait 55 .
Mais chaque loi qu'on nous donne
Te rappelle ici.
Chanson, reprends ta coiironnt'.
— Messieurs, grand merci !
Je croyais qu on allait faire
Du grand et du neuf; Même étendre un peu la sphère
De Quatre-vingt-neuf.
Mais point! on rebadigeonne
Un trône noirci.
Chanson, reprends ta couronne.
— Messieurs, grand merci !
Depuis les jours de décembre 50 ,
Vois, pour se grandir, La Chambre vanter la Chambre;
La Chambre applaudir.
A se prouver qu'elle est bonne
Elle a réussi.
Chanson, reprends ta couronne.
r. ii. -2G
Soi «;i1anso&s
— Messieurs, grand merci !
Basse-cour des ministères Qu'en France on honnit,
Nos chapons héréditaires Sauveront leur nid 5 \
Les petits que Dieu leur donne Y pondront aussi.
Chanson, reprends ta couronne.
— Messieurs, grand merci 1
Gloire à la garde civique,
Piédestal des lois!
Qui maintient la paix publique,
Peut venger nos droits.
Là-haut, quelqu'un, je soupçonne,
En a du souci* Chanson, reprends ta couronne.
— Messieurs, grand merci !
La planète doctrinaire
Qui sur Gand brillait Veut servir de luminaire
Aux gens de Juillet.
Fi d'un froid soleil d'automne,
De brume obscurci!
Chanson» reprends ta couronne.
— Messieurs» grand merci !
Nos ministres, qu'on peut mettre
Tous au même point.
Voudraient que le baromètre^
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Ne variât point.
Pour peu que là-bas il tonne.
On se signe ici. Chanson, reprends ta couronne,
— Messieurs, grand merci !
Four être en état de grâce,
Que de grands peureux Ont soin de laisser en place
Les hommes verreux!
Si Ton ne touche à personne,
C'est afin que si...
Chanson, reprends ta couronne.
— Messieurs, grand merci !
Te voilà donc restaurée,
Chanson, mes amours.
Tricolore et sans livrée
Montre-toi toujours.
Ne crains plus qu'on t'emprisonne.
Du moins à Poissy.
Chanson, reprends ta couronne.
— Messieurs, grand merci ï
Mais pourtant laisse en jachère
Mon sol fatigué.
Mes jeunes rivaux, ma chère.
Ont un ciel si gai !
Chez eux la rose foisonne.
Chez moi, le souci.
Chanson, reprends ta couronne.
— Messieurs, grand merci !