‹ Œuvres complètes de P. J. de Béranger: contenant les dix chansons nouvelles (volume 2)Chapitre 162 sur 177 · A M. DE CHATEAUBRIAND · texte numérisé non relu

A M. DE CHATEAUBRIAND

54 Brille à tes chants d'une noble rougeur.

Dans un des couplets qui précèdent celui-ci, je parle des lyres que la France doit à M. de Chateaubriand. Je ne crains pas que ce vers «oit démenti par la nouvelle école poétique, qui, née sons les

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ailes de l'aigle, s est. avec raison, gloriliée souvent dune telle origine. L'influence de l'auteur du Génie 4* Christianisme s'est (ait ressentir également à l'étranger, et il y aurait peut-être justice à reconnaître que le chantre de Child-IIarold est de h famille de René.

Après ce que je viens de rappeler du grand mouvement qu'il a donné a la poésie moderne, il importe peu à M. de Chateaubriand que je répète ici te que j'ai dit dans ma Préface de l'influence particulière de ses ouvrages sur les études de ma jeunesse. Je crois plus à propos de faire ressouvenir qu'en 1&29 M. de Chateaubriand, m'ay.uil honoré de marques d'intérêt et d'estime, en fut vivement réprimandé par les organes du pouvoir auquel la France était livrée. Je rougis d'avoir si faiblement acquitté ma dette envers le plus grand écrivain du siècle, surtout quand je pense qu'il a consacré quelques pages à immortaliser mes chansons. C'est un plaidoyer en leur faveur que la .postérité lira sans doute; mais l'avocat le plus éloquent ne sauraitgagner toutes les causes. Puisse du moins la trop grande générosité de M. de Chateaubriand ne lui donner jamais de clienis plus ingrats que le chansonnier qu'il a bien voulu placer sous la protection de son génie.

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