PAR JACQUES DUBUISSON
8F.HGF.NT AUX CHASSEURS d'aFMQITF.
PUBLIÉ LE 3 MARS 1847 Air : Madclon s'en Tut à Koiïip, tonderon laine, tonderonton.
Notre coq, d'humeur active.
Las d'Alger, s'écrie : 11 faut Que jusqu'au bon Dieu j'arrive, Pour voir s'il s'endort là-haut.
J'ai réponse à tout qui-vive.
Co, co, coquérico.
France, remets ton schako.
Coquérico, coquérico. - •
Oui, jusqu'au ciel je m'envole, Sans permis des généraux.
Heureux, si mon chant racole
Des âmes de vieux héros.
De leur gloire je raffole.
Co, co, coquérico.
France, remets ton schako.
Coquérico, coquérico.
Que ces étoiles sont belles!
Et les ci eux, comme ils sont grands!
Ces planètes seraient-elles Un bon mets de conquérants!
Qu'à nos gens poussent des ailes !
Co, co, coquérico :
France, remets ton schako.
Coquérico, coquérico.
Dans Vénus j'entre à la brune ; Mars m'attire à ses tambours.
Chez Mercure, la Fortune Gave butors* et vautours.
Que d'avocats dans la lune !
Co, co, coquérico.
France, remets ton schako.
Coquérico, coquérico.
Du soleil je fends la voûte.
Dieu ! l'Empereur m'apparaît !
Tu veux un guide, sans doute ; Tiens, dit-il, mon aigle est prêt.
Du ciel il connaît la route.
Co, co, coquérico.
* Rulor, oiseau rie proie.
France, remets ton schako.
Coquérico, coquérico.
Nous partons, et dans nos traites, L'aigle se platt à conter Batailles, sièges, retraites, Si bien que, pour l'écouter, S'arrêtent plusieurs comètes.
Co, co, coquérico.
France, remets ton schako.
Coquérico, coquérico.
Vient un parfum qui nous flatte :
Au Paradis nous voilà, Dit l'aigle ; à la porte gratte, Mon père, quittons-nous là.
Adieu, serrons-nous la patte.
Co, co, coquérico.
France, remets ton schako.
Coquérico, coquérico.
Qui fume à cette fenêtre ?
C'est saint Pierre. Il me dit : Coq, Aucun des tiens ne pénètre Chez nous que pour pendre au croc.
Vos chants m'ont trop fait connaître.
Co, co, coquérico.
France, remets ton schako.
Coquérico, coquérico.
Passe un ange qui raconte Le refus du vieux commis
Cours, dit le bon Dieu ; qu'il monte, Ce coq est de mes amis.
J'entre, et Pierre en meurt de honte.
Co, co, coquérico.
France, remets ton schako.
Coquérico, coquérico.
Mange et bois dans mon aiguière, Dit le bon Dieu, fort à point.
— Çà ! parmi vos gens de guerre, De moi ne médit-on point?
— A vous ils ne pensent guère.
Co, co, coquérico.
France, remets ton schako.
Coquérico, coquérico.
Mais quoi ! le bon Dieu se fâche !
— Coq, ne désertes-tu pas?
— Corbleu ! suis-je donc un lâche?
— Non ; mais retourne là-bas :
Tu n'as point fini ta lâche.
Co, co, coquérico.
France, remets ton schako, Coquérico, coquérico.
Sous le drapeau tricolore Va réchauffer cœurs et bras.
De vous- j'ai besoin encore.
Coq, bientôt tu chanteras Le réveil avant l'aurore.
Co, co, coquérico. France, remets ton schako.
DE BÉRÀNGFR. 567
Coquérico, coquérico.
L'oiseau, prompt comme la foudre, Rentre au quartier général, Disant : L'en en va découdre ; Dieu fait seller son cheval ; Les anges font de la poudre.
Co, co, coquérico.
France, remets ton schako.
Coquérico, coquérico.
De ce récit véridique, C'est moi, Jacques Dubuisson, Sergent aux chasseurs d'Afrique, Qui composai la chanson.
Apprenez-en la musique.
Co, co, coquérico.
Prance, remets ton schako.
Coquérico, coquérico.