‹ Œuvres complètes de P. J. de Béranger: contenant les dix chansons nouvelles (volume 2)Chapitre 63 sur 177 · LES PAUVRES AMOURS · texte numérisé non relu

LES PAUVRES AMOURS

Air : Jupiter un jour en fureur.

Trois douzaines de Cupidons, Qu'une actrice a mis sur la paille, Hier mendiaient, et la marmaille Les poursuivait de gais lardons.

Chez Lise ils frappent d'un air triste; Lise répond : Nous sommes sourds.

Quoi ! vivrez-vous donc toujours, Vieux petits culs nus d'Amours?

Allez, Dieu vous assiste ! (/;#.)

Partout en France on vous fourra.

Vous avez guindé la sculpture, Vous avez fardé la peinture,

Vous affadissez l'Opéra.

Des Anacréona j'ai la liste;

Ils encombrent ville et faubourgs.

Vous les couronnez toujours, Vieux petits culs nus d'Amours ; Allez, Dieu vous assiste '

Quittez votre Olympe en débris.

Que Mars, Phébus, Bacchus, Minerve,

Voguent avec vous de conserve ;

A Gnide remmenez Cypris.

Les Grâces suivront à la pisle,

Pbébé guidera votre cours.

Émigrez, mais pour toujours, Vieux petits culs nus d'Amours!

Allez, Dieu vous assiste !

Emballez avec tous vos dieux Flore et l'Aurore aux doigts de roses :

Par leurs noms appelons les choses, Les choses n'en plairont que mieux.

Mon cœur à l'amant qui persiste Se rend bien sans votre secours.

Sans vous j'aimerai toujours, Vieux petits culs nus d'Amours; Allez, Dieu vous assiste!

En leurfermant la porte au nez, Parlait ainsi la tendre Lise, Quand près d'eux passe une marquise Dont à peine ils sont les atnés.

La dame, quoique moraliste,

Leur dit : Rendez-moi mes beaux jours.

Dans ma chambre et pour toujours, Chers petits culs nus d'Amours 9 .

Venez, Dieu vous assiste ! (bis.)

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