‹ Œuvres complètes de P. J. de Béranger: contenant les dix chansons nouvelles (volume 2)Chapitre 64 sur 177 · A M. GOHIER · texte numérisé non relu

A M. GOHIER

DERNIER PRÉSIDENT DO D1RKCT0IRE, QUI M'AVAIT ADRESSÉ UNE CHANSON DO.VT LE REFRAIN EST

Fouette! fouette!

Chante toujours, ne t'endors pas.

Air du vaudeville des Chevilles de maître Adam.

Oui, je dormais sur un petit volume Qui me vaudra d'être encore étrillé, Lorsqu'on flatteur le bout de votre plume, Me chatouillant, m'a soudain réveillé.

Je me suis dit : C'est présage céleste ; Les mauvais jours seraient-ils donc passés?

Car je ne sais si quelque fouet nous reste, Mais jusqu'ici c'est nous qu'on a fessés.

Tout gai frondeur, semant le ridicule, Ne peut chez nous qu'en recueillir du mal.

Notre empereur portait longue férule, Puis est venu le martinet royal ; Et puis le knout, et puis les fils d'Ignace, Dont tous les fouetâ contre nous sont dressés.

Dieu soit béni! mais, s'il ne nous fait grâce, Les chansonniers seront toujours fessés.

J'ai bien reçu ma part des étrivières !

Grippe-Minaud m'en donna pour trois mois.

En refaisant des nœuds à ses lanières, Il me poursuit encor d'un air sournois.

Si de Tartufe on n'entend les trois messes, Si pour les grands l'encens ne brûle assez, C'est fait de nous! nos seigneurs les Jean-fesses Aiment à voir les bonnes gens fessés.

Vousqui chantez comme on chante au bel âge 10 , Des rois, des saints, ne plaisantez donc pas; Ou, trop enclin au joyeux persiflage, Vivez longtemps, allez bien tard là-bas.

Car en enfer on marque votre place ; Des noirs dénions les bras sont retroussés.

Vous et Collé, même aussi votre Horace, Ensemble un jour vous serez tous fessés.

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