‹ Œuvres complètes de P. J. de Béranger: contenant les dix chansons nouvelles (volume 2)Chapitre 94 sur 177 · I.E CENSEUR · texte numérisé non relu

I.E CENSEUR

Un moment. Je sais (fue jour par jour vous écrivez ce que vous» avez dit et fait. Ne vous avisez point de transcrire ainsi notre conversation.

COLLÉ

Vous n'y seriez point compromis.

LE CENSEUR

Bien; mais un jour quelque écolier pourrait s'appuyer de vos arguments, et, à l'abri de votre nom, tenter de justifier...

Ici fécriture, absolument illisible, m'a privé du reste de ce dialogue, qui n'est peut-être intéressant que pour un auteur placé dans une situation pareille à celle où Collé s'est trouvé. Malgré le soin qu'il avait pris de ne pas le joindre aux Mémoires de sa vie , ce que le censeur avait craint est arrivé ; et l'écol er n hésite point à se servir du nom de%on maître, au risque délre en butte à de graves reproches. Mon ami Vérudil m'a annoncé qu'il m'en 'ir riverait malheur, et, pour donner du poids au pronostic, m'a retiré sa dissertation sur les flonflons. Le public n'y perdra rieu.

dl4 PKÉFACES.

Il doit l'augmenter considérablement , et redresser en forme de mémoire à la troisième classe de r Institut. Elle obtiendra peutêtre plu» de succès que je n'ose en espérer pour mon recueil. Le moment serait mal choisi pour publier des chansons , ni la futilité même des production* n'était pas une recommandation,, à une époque où Von » plub besoin, de se distraire que de s'occuper. Souhaitons '/m bientôt Von puisse lire des poèmes épiques, sans souhaiter néanmoins qu'il en paraisse autant que chaque année voit éclore de chansonniers nouveaux.

w)st-s<;rii»toii de i*m.

Je croîs mutile d'ajouter aucune réflexion à cette préface du recueil chantant que je publiai à la fin de 1815. J'ai fait depuis quelques tentatives pour étendre le domaine de la chanson. Le succès seul peut les justifier. Des amateurs du genre pourront se plaindre de la gravité de certains sujets que j'ai cru pouvoir traiter. Voici ma réponse : la chanson vit de l'inspiration du moment. Notre époque est sérieuse, même un peu triste : j'ai dû prendre le ton qu'elle m'a donné ; il est probable que je ne l'aurais pas choisi. Je pourrais repousser aussi plusieurs antres critiques, s'il n'était naturel de penser qu'on accordera trop peu d'attention à ces chansons pour qu'il soit nécessaire de les défendre sérieusement. Un recueil de chansons e*t et sera toujours un livre sans conséquence.

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