LA FOULE
Al;; : A .soixante ans il ne faut pas reiiieUic.
Pour un captif, souvenir plein de charmes !
J'étais bien jeune ; on criait: Vcngeons-iioiis ! A la Bastille! aux armes! vite, aux armes!
Marchands, bourgeois, artisans, couraient tous, (tos.) Je vois pâlir et mère, et femme, et fille,
DE feÉRANGEli. *£)
Le canon gronde aux rappels du tambour. (bis.) Victoire au Peuple I il a pris la Bastille !
bis Un beau soleil a fêté ce grand jour,
• A fêté ce grand jour* 6 , (bis.)
Enfants, vieillards, riche ou pauvre, on s'embrasse; Les femmes vont redisant mille exploits; Héros du siège, un soldat bleu qui passe *' Est applaudi des mains et de la voix.
Le nom du roi frappe alors mon oreille ; De Lafayette on parle avec amour.
La France est libre el ma raison s'éveille.
\ji\ beau soleil a fêté ce grand jour, À fêté ce grand jour.
Le lendemain un vieillard docte et grave Guida mes pas sur d'immenses débris.
« Mon fils, dit-il, ici d'un peuple esclave « Le despotisme étouffait tous les cris. « Mais, des captifs pour y loger la foule, « 11 creusa tant au pied de chaque tour, « Qu'au premier choc le vieux château s'écroule. « Un beau soleil a fêté ce grand jour, « A fêté ce grand jour.
« La Liberté, rebelle antique et sainte,
« Mon fils, s armant des fers de nos aïeux,
« A son triomphe appelle en cette enceinte
« L'Égalité qui redescend des cieux.
« De ces deux sœurs la foudre gronde et brille.
« C'est Mirabeau tonnant contre la Cour.
« Sa voix nous crie : Encore une Bastille !
r>0 CHASSONS
«< Un beau soleil a fêté ce grand jour, « À fêté ce grand jour.
« Où nous semons chaque peuple moissonne.
« Déjà vingt rois, au bruit de nos débats, « Portent, tremblants, la main à leur couronne , « Et leurs sujets de- nous parlent tout bas.
« Des droits de l'homme, ici, Père féconde « S'ouvre et du globe accomplira le tour.
« Sur ces débris Dieu crée un nouveau monde.
« Un beau soleil a fêté ce grand jour, « A fêté ce grand jour. »
De ces leçous qu'un vieillard m'a données, Le souvenir dans mon cœur sommeillait.
Mais je revois après quarante années, Sous les verrous, le quatorze Juillet, (bis.) Liberté ! ma voix, qu'on veut proscrire, Redit ta gloire aux murs de ce séjour, (bis.) A mes barreaux l'aurore vient sourire ; i , . Un beau soleil fête encor ce grand jour, \ Fête encor ce grand jour, (bis.)